LEAD 1-Air France-Une grève serait un quasi "sabotage", dit de Juniac

jeudi 19 mai 2016 21h00
 

(Actualisé avec porte-parole du SNPL)

PARIS, 19 mai (Reuters) - Une nouvelle grève dure des pilotes d'Air France dans les semaines à venir s'apparenterait à un "acte de sabotage", a estimé jeudi Alexandre de Juniac, le président sortant d'Air France-KLM.

Les syndicats de pilotes d'Air France ont fait savoir début mai qu'ils se préparaient à appeler à la grève contre la décision de la compagnie de mettre en oeuvre le 1er juin des mesures réduisant leurs rémunérations.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire chez Air France, a lancé le 12 mai un référendum auprès de ses adhérents pour ou contre une grève de plus de six jours et dont les résultats sont attendus le 30 mai.

"On charge le canon mais on ne va pas forcément tirer " a déclaré un parole-parole du SNPL, ajoutant que le taux de participation était à ce jour supérieur à 50% pour le référendum.

"Une grève à cette période de l'année, de cette ampleur, alors que le groupe sort la tête de l'eau serait le plus mauvais coup qui soit porté à ce redressement mais aussi aux efforts fournis par ses salariés", a déclaré Alexandre de Juniac lors de l'assemblée générale annuelle d'Air France-KLM.

"Ce serait vraiment un acte que je qualifierais presque de sabotage des immenses sacrifices et efforts qui ont été faits par tout le monde et qui produisent leurs effets", a-t-il ajouté.

Le SNPL est déjà à l'origine d'une grève de 15 jours qui avait coûté plus de 400 millions d'euros à Air France en septembre 2014.

"Alexandre de Juniac se comporte en pompier pyromane. Il agite le chiffon rouge", a estimé le porte-parole du SNPL, réagissant au propos du PDG.

Alexandre de Juniac présidait sa dernière AG en tant que PDG d'Air France-KLM avant de prendre la tête de l'Association internationale du transport aérien (Iata). Jean-Marc Janaillac, l'actuel patron du spécialiste du transport multimodal Transdev, lui succédera le 4 juillet. (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)