LEAD 1-France-Valls veut légiférer sur le salaire des patrons

jeudi 19 mai 2016 12h42
 

* Valls estime que le code de conduite ne fonctionne pas

* Macron fait entendre une voix dissonante par rapport à Valls (Avec Macron)

PARIS, 19 mai (Reuters) - Manuel Valls a déclaré jeudi qu'il fallait légiférer "maintenant" sur les salaires des dirigeants des grandes entreprises mais son ministre de l'Economie Emmanuel Macron a estimé que, s'il s'agit de les plafonner, ce serait un erreur de passer par la loi si la France agit seule.

"Nous avons fait le choix dans un premier temps de mettre les entreprises face à leurs responsabilités, en l'occurrence le patronat. Force est de constater que cela n'a pas été respecté, donc maintenant il faut légiférer ", a dit le Premier ministre sur RTL.

"Bien sûr", a-t-il répondu à la question de savoir s'il approuvait l'amendement adopté mercredi par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale visant à rendre obligatoire, dans le cadre d'un encadrement des rémunérations des patrons, le respect des votes des assemblées générales des actionnaires sur la question.

L'amendement, qui prévoit en outre de plafonner ces rémunérations, a été déposé par le député Front de gauche Gaby Charroux en réaction à la décision du conseil d'administration de Renault de passer outre à un vote négatif des actionnaires du constructeur automobile sur le salaire du PDG Carlos Ghosn.

La loi Sapin 2 sur la transparence de la vie économique, que le Parlement s'apprête à examiner, devrait comporter un autre amendement préparé par le rapporteur PS du texte, Sébastien Denaja, qui obligerait toute hausse de rémunération des patrons à être approuvée en assemblée générale.

François Hollande avait relancé le débat mardi en souhaitant une telle procédure.

Libération publie jeudi un appel de 40 personnalités, parmi lesquelles le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger et celui de la CGT Philippe Martinez, ou encore Nicolas Hulot qui demande au gouvernement de légiférer pour qu'un patron ne perçoive pas plus de 100 Smic.   Suite...