Accord de financements entre le Venezuela et la Chine

mardi 17 mai 2016 11h31
 

CARACAS, 17 mai (Reuters) - Le Venezuela est parvenu à un accord avec la Chine sur de nouveaux financements qualifiés de bouffée d'"oxygène" par le gouvernement vénézuélien, en difficultés économiques et politiques.

Dans une interview accordée lundi à Reuters, le vice-président chargé du secteur économique et financier, Miguel Perez, a précisé que toutes les conditions de ces prêts accordés dans le cadre d'un accord "crédits contre pétrole" avaient été améliorées.

"Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous nous sommes mis d'accord sur de nouvelles conditions commerciales qui sont adaptées à la réalité du pays", a-t-il dit.

A Pékin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, a déclaré mardi lors du point de presse quotidien que les deux pays s'étaient entendus pour "mettre davantage de souplesse afin de renforcer la coopération financière".

La Chine a prêté quelque 50 milliards de dollars au Venezuela au cours des dix dernières années.

Mais la situation économique du pays sud-américain, qui abrite pourtant les plus importantes réserves de pétrole au monde, s'est dégradée avec la baisse des cours du brut. Privée d'une partie de sa rente pétrolière, le pays a basculé dans la récession (-5,7% l'an dernier) et ses habitants sont exposés à des pénuries d'aliments et médicaments et à une inflation galopante (à 180,9% l'an dernier selon des données de la Banque centrale).

La crise économique s'est doublée d'une crise politique, l'opposition, majoritaire au Parlement depuis le début de l'année, s'efforçant de réunir les conditions nécessaires à la tenue d'un référendum de révocation du président Nicolas Maduro, le successeur d'Hugo Chavez dont le mandat court normalement jusqu'à 2019.

"Cela va fournir à notre pays une importante bouffée d'oxygène pour aller de l'avant", a souligné Miguel Perez, nommé en février dernier par Maduro. Cet accord avec la Chine, parallèlement à une forte réduction des importations et à un nouveau taux de change, devraient permettre au Venezuela de se sortir d'un semestre "très compliqué", a-t-il ajouté.

Il a noté cependant que le pays devrait rester en récession économique jusqu'à la fin 2017.

Avec ce nouvel accord, Caracas devrait être en mesure d'honorer les échéances sur sa dette. Miguel Perez a ajouté que l'Etat pourrait aussi garantir la dette de la compagnie pétrolière PDVSA, lourdement affectée par le recul des cours du brut. La société, qui doit rembourser cette année quelque 4 milliards de dollars, a fait savoir qu'elle était en discussions avec des banques étrangères sur un éventuel refinancement de sa dette. (Alexandra Ulmer et Corina Pons avec Megha Rajagopalan à Pékin; Henri-Pierre André pour le service français)