Certaines mesures de la BCE brouillent les frontières-Weidmann

mardi 17 mai 2016 09h30
 

BERLIN, 17 mai (Reuters) - Il se peut que les récentes critiques vigoureuses de la politique monétaire de la Banque centrale européenne soient le résultat de certaines mesures prises, qui ont brouillé la frontière entre la politique monétaire et budgétaire, a déclaré mardi à la presse allemande, Jens Weidmann, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.

Le président de la Bundesbank a dit que le conseil des gouverneurs convenait que la politique monétaire devait être expansive dans le contexte actuel et que le président de la BCE, Mario Draghi, et lui-même étaient d'accord sur l'importance d'assurer la stabilité des prix dans la zone euro.

Mais il a laissé entendre dans une interview au journal Die Welt qu'il y avait quelques fondements aux récentes critiques.

"La véhémence du débat vient peut-être également de certaines mesures que nous avons prises jusqu'à présent qui ont brouillé la frontière entre la politique monétaire et budgétaire et redistribué le risque porté par les Etats sur le bilan de la banque centrale", a-t-il dit, ajoutant que cela avait rendu la BCE plus vulnérable face aux critiques.

Les responsables politiques allemands ont ouvertement critiqué la politique de taux bas de la BCE, le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, l'ayant même rendue partiellement responsable de la montée de l'extrême droite en Allemagne.

En ce qui concerne ses relations avec le président de la BCE, Mario Draghi, Jens Weidmann a dit: "il se peut que nous arrivions parfois à des conclusions différentes mais quand il s'agit de l'importance de la stabilité des prix et des conditions économiques requises, nous sommes d'accord."

Weidmann a ajouté que le Conseil de la BCE devait se garder de franchir la frontière de la politique budgétaire et que c'était la raison pour laquelle le dernier programme en date de rachats d'obligations de la BCE prévoyait un partage de responsabilités très limité.

Mais il a ajouté : "Néanmoins, je continue de penser que des rachats d'obligations d'Etat dans la zone euro sont un problème car les banques centrales deviennent les plus gros créanciers de leurs Etats." (Michelle Martin, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Henri-Pierre André)