La contraction de l'économie russe s'atténue

lundi 16 mai 2016 17h42
 

MOSCOU, 16 mai (Reuters) - L'économie russe s'est contractée moins qu'attendu au premier trimestre, montre lundi la première estimation du produit intérieur brut (PIB), grâce entre autres au rebond des cours du pétrole depuis février.

Le service fédéral de la statistique a fait état d'une baisse de 1,2% du PIB en rythme annuel alors que de nombreux économistes tablaient sur une contraction d'environ 2%.

Ce chiffre marque une nette amélioration par rapport aux trois derniers mois de 2015, durant lesquels le PIB avait chuté de 3,8% sur un an. Sur l'ensemble de l'an dernier, l'économie russe s'est contractée de 3,7%.

"Les chiffres d'aujourd'hui confirment que la phase aiguë de la crise économique est désormais terminée", a déclaré Liza Ermolenko, économiste de Capital Economics, dans une note. "Il semble désormais que l'économie puisse renouer avec la croissance (en rythme annuel) au second semestre de l'année, plutôt qu'en 2017 comme nous le prévoyions."

Si les chiffres du premier trimestre ont bénéficié du fait que la période a compté un jour ouvré de plus qu'en 2015, Liza Ermolenko précise que les données corrigées des variations saisonnières semblent elles aussi en hausse.

D'autres indicateurs économiques publiés ces dernières semaines, comme les ventes au détail ou la production industrielle, vont aussi dans le sens d'une amélioration de la conjoncture.

"Certains signes suggérant que l'économie avait touché le fond étaient déjà apparus en début d'année", a commenté Ivan Tchakarov, économiste de Citi, dans une note. "C'était particulièrement visible dans les dépenses de consommation, la baisse du revenu réel ayant nettement ralenti."

Le PIB russe baisse en rythme annuel depuis le début 2015 en raison de la chute des cours du pétrole et des sanctions occidentales liées au conflit en Ukraine.

La Russie a toutefois profité depuis février de la remontée du pétrole tandis que l'appréciation du rouble, en freinant l'inflation, dopait le revenu disponible réel des ménages.

Les économistes interrogés par Reuters fin avril prévoient en moyenne une contraction de 1,5% du PIB russe cette année alors que le ministère de l'Economie table sur une baisse bien plus modeste, de 0,2% seulement.

(Alexander Winning et Jason Bush; Marc Angrand pour le service français)