Allemagne-Nouvelle plainte contre la politique de la BCE-presse

dimanche 15 mai 2016 07h00
 

BERLIN, 15 mai (Reuters) - Des universitaires et des chefs d'entreprise allemands ont porté plainte contre la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) cette semaine devant la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, rapporte dimanche le Welt am Sonntag.

La Cour de Karlsruhe doit déjà rendre, avant la fin de cette année, sa décision sur une première plainte visant le plan d'urgence mis en oeuvre par la BCE pendant la crise de la zone euro, après le rejet de la procédure par la Cour de justice européenne en juin dernier.

La politique monétaire ultra-accommodante menée par l'institution de Francfort, qui conjugue taux d'intérêt négatifs, achats de titres sur les marchés financiers et prêts très avantageux aux banques, est la cible de nombreuses critiques en Allemagne, certains responsables politiques lui reprochant de pénaliser les retraités modestes et de favoriser les partis d'extrême droite.

Welt am Sonntag explique que la nouvelle plainte accuse la BCE d'outrepasser son mandat en achetant massivement des obligations d'Etat et en projetant d'acheter des obligations d'entreprise.

Un porte-parole de la Cour constitutionnelle n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter l'article.

Le quotidien explique que pour les universitaires et chefs d'entreprise à l'origine de la plainte, la politique de la BCE fait courir des risques incalculables à la Bundesbank, la banque centrale allemande, et donc au contribuable allemand.

"La politique actuelle de la BCE n'est ni nécessaire ni appropriée pour relancer directement l'économie de la zone euro en portant le taux d'inflation des prix à la consommation autour de 2%", a déclaré Markus Kerber, juriste et professeur de finance publique à l'origine de la procédure, cité dans l'article.

Il a ajouté que la BCE avait ignoré le principe de "proportionnalité" des mesures qu'elle met en oeuvre, ajoute le Welt am Sonntag.

Kerber n'a pas pu être joint dans l'immédiat pour commenter l'article.   Suite...