Brasilia dit avoir le soutien nécessaire pour des réformes

vendredi 13 mai 2016 21h27
 

BRASILIA, 13 mai (Reuters) - Le gouvernement intérimaire brésilien de centre droit mis en place après la suspension de Dilma Rousseff a assuré vendredi avoir le soutien nécessaire au Congrès pour mener de "difficiles réformes" afin de relancer l'économie du pays.

Le vice-président Michel Temer a été promu président par intérim jeudi après l'ouverture par le Sénat d'un procès en destitution de la chef de l'Etat, suspendue de ses fonctions pendant l'examen des charges à son encontre, qui peut durer jusqu'à 180 jours, soit six mois environ. Dilma Rousseff, accusée d'avoir manipulé les comptes publics pour faciliter sa réélection en 2014, dénonce un "coup d'Etat".

Le secrétaire général de la présidence, Eliseu Padilha, a souligné que le cabinet comprenait bien que son mandat n'était que provisoire, puisque la destitution de la présidente n'a pas été prononcée. Il a précisé que les portraits de Dilma Rousseff continueraient d'orner les bâtiments officiels.

Le nombre de voix au Sénat favorable à la poursuite de la procédure d'"impeachment" -- 55 voix sur 81 -- montre cependant que le gouvernement Temer a actuellement le soutien nécessaire pour mener à bien de difficiles réformes, a ajouté Padilha.

"Nous avons un soutien suffisant pour adopter des mesures urgentes au Congrès", a-t-il déclaré.

Le ministre des Finances, Henrique Meirelles, a de son côté promis des mesures rapides pour réduire le déficit budgétaire, qui a représenté plus de 10% du produit intérieur brut l'année dernière. Il n'a pas exclu une hausse temporaire des impôts.

Son collègue du Plan, Romero Juca, a estimé indispensables des réformes des retraites et des impôts afin de maîtriser la dette publique, sur fond de crise économique majeure provoquée par la chute des cours des matières premières.

Dès sa prestation de serment jeudi, Michel Temer a dévoilé un programme de réformes libérales et des coupes dans les dépenses publiques qui refont basculer le Brésil à droite après treize années de règne du Parti des travailleurs (PT, gauche).

Le PT a promis d'organiser des manifestations massives contre Michel Temer et d'entraver le travail législatif au Congrè. (Anthony Boadle; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)