La Fed devra agir si l'économie américaine se renforce-Rosengren

jeudi 12 mai 2016 18h55
 

CONCORD, New Hampshire, 12 mai (Reuters) - La Réserve fédérale américaine devrait relever à nouveau ses taux d'intérêt si les indicateurs du deuxième trimestre confirment que le marché du travail est proche du plein emploi et que l'inflation est en phase d'accélération aux Etats-Unis, a déclaré jeudi le président de l'antenne de la Fed à Boston.

Ces déclarations d'Eric Rosengren, qui dispose d'un droit de vote cette année au sein du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), illustrent les pressions qui s'exercent au sein même de l'institution en faveur d'un nouveau tour de vis monétaire dans les mois à venir.

Pour Eric Rosengren, les chiffres de l'emploi au mois d'avril, avec un taux de chômage à 5%, indiquent que les Etats-Unis se rapprochent du plein emploi, qu'il juge atteint avec un chômage à 4,7%, tandis que l'inflation donne l'impression de se redresser.

"Si les indicateurs économiques qui sont publiés pendant le trimestre en cours confirment ces tendances, il sera approprié de poursuivre la normalisation progressive de la politique monétaire", a déclaré le président de la Fed de Boston, selon la version écrite d'un discours prononcé dans le New Hampshire.

La prochaine réunion du FOMC est prévue les 14 et 15 juin et les intervenants de marché sont convaincus qu'elle ne débouchera sur aucune hausse de taux. La réunion suivante aura lieu les 26 et 27 juillet.

Eric Rosengren a une nouvelle fois souligné qu'à ses yeux, les intervenants de marché sous-estimaient à quel point l'économie américaine était proche du moment où un nouveau tour de vis monétaire serait nécessaire.

La Fed a relevé ses taux en décembre pour la première fois en près de 10 ans. Elle a indiqué en mars que deux hausses seraient probablement nécessaires en 2016.

"Le marché reste trop pessimiste au sujet de la vigueur fondamentale de l'économie américaine et la probabilité d'un abandon de la politique monétaire accommodante est plus élevé", a-t-il dit.

La présidente de la Fed de Cleveland a abondé dans ce sens en s'exprimant au cours d'une conférence sur l'inflation en Allemagne.

Pour Loretta Mester, la Réserve fédérale doit admettre qu'il y a une part d'incertitude dans ses prévisions économiques mais que cela ne doit pas l'empêcher d'agir.

"Il n'existe pas de modèle qui fournisse des prévisions avec un degré très élevé de précision", a-t-elle dit. "Cela ne devrait pas nous paralyser." (Timothy Mclaughlin, avec Lindsay Dunsmuir; Bertrand Boucey pour le service français)