Royal étudie l'interdiction de l'importation du gaz de schiste

mardi 10 mai 2016 16h36
 

PARIS, 10 mai (Reuters) - La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, va examiner juridiquement comment la France pourrait interdire l'importation de gaz de schiste, alors qu'elle refuse d'en extraire sur son propre territoire depuis 2011.

Des associations de défense de l'environnement et des élus écologistes se sont élevés contre la prochaine importation de gaz de schiste en provenance des Etats-Unis.

Les groupes énergétiques français EDF et Engie ont signé des contrats avec un opérateur texan et un premier bateau pourrait effectuer une livraison dès le mois de juin.

Ségolène Royal a précisé lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale qu'il s'agissait de gaz liquéfié et mélangé contenant 40% de gaz de schiste.

"Je vais examiner juridiquement la façon dont nous pouvons interdire l'importation de gaz de schiste", a-t-elle dit, rappelant que la France "interdit la fracturation hydraulique pour des raisons de protection de l'environnement".

"En tout état de cause, ces entreprises devront s'orienter vers d'autres marchés pour n'importer que des gaz d'origine conventionnelle", a-t-elle ajouté.

La ministre de l'Ecologie était interpellée à l'Assemblée nationale par la députée Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Cécile Duflot.

"C'est comme pour les OGM. La culture est interdite en France et on peut interdire l'importation de certains produits OGM. Je pense que, de la même façon, il faut interdire les importations de gaz de schiste", avait auparavant déclaré le député écologiste François de Rugy sur France Inter.

"En plus, EDF est une entreprise possédée à 85% par l'État, donc on a quand même la main sur cette stratégie", a-t-il ajouté. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)