La Grèce n'a pas besoin d'austérité supplémentaire, dit Tsipras

mardi 10 mai 2016 14h13
 

ATHENES, 10 mai (Reuters) - La Grèce n'a pas besoin, pour obtenir de nouveaux prêts, d'adopter des mesures d'austérité autres que celles prévues par l'accord conclu l'an dernier avec ses créanciers, a déclaré mardi le Premier ministre, Alexis Tsipras, au lendemain d'une réunion de l'Eurogroupe.

Les ministres des Finances de la zone euro ont validé lundi le processus censé permettre le déblocage de cinq milliards d'euros de prêts indispensables pour qu'Athènes puisse honorer ses échéances financières de juin et juillet.

Alexis Tsipras a déclaré à son gouvernement que l'accord conclu lundi marquait la fin de l'isolement du pays qui avait failli conduire l'an dernier à un affrontement avec les créanciers et menacé la Grèce d'une sortie forcée de la zone euro.

"La Grèce n'est plus seule et isolée. Elle bénéficie du soutien de forces politiques et de gouvernements qui ont fini par réaliser que ce pays et son peuple avaient le droit de tourner la page", a-t-il dit à ses ministres.

"La Grèce laisse derrière elle six ans de récession et d'obscurité", a-t-il ajouté avant de prévenir toutefois que "le moment des célébrations n'est pas venu".

Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe prévue le 24 mai pourrait prendre acte des conclusions de la "revue" en cours des réformes mises en oeuvre par le gouvernement grec en application de l'accord de l'été dernier.

Les ministres des Finances ont en outre évoqué clairement lundi la possibilité d'un allégement du fardeau de la dette grecque à partir de 2018 si tous les engagements pris sont tenus d'ici là, alors que plusieurs pays, dont l'Allemagne, refusaient jusqu'à présent cette éventualité.

Les conclusions de l'Eurogroupe ont soulagé les marchés financiers grecs: la Bourse d'Athènes gagnait près de 3% mardi tandis que le rendement des obligations d'Etat à dix ans revenait sous le seuil de 8% pour la première fois depuis six mois.

(Renee Maltezou; Marc Angrand pour le service français)