LEAD 1-Le CCE d'EDF demande une expertise sur Hinkley Point

lundi 9 mai 2016 17h28
 

* Le CCE estime qu'il manque de réponses

* La direction veut "aller vite" et limiter le débat-source

* Le PDG veut valider le projet après avis du CCE (Actualisé avec communiqué du CCE et précisions)

PARIS, 9 mai (Reuters) - Les élus du comité central d'entreprise (CCE) d'EDF ont voté lundi à l'unanimité le lancement d'une expertise externe sur le projet controversé du groupe de construire deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, en Angleterre.

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, avait estimé fin avril que ce projet de 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ) devrait être lancé dès que le groupe aurait obtenu l'avis de son CCE, tandis que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron évoquait récemment un feu vert en septembre.

"A ce stade, les quatre délégations (FNME-CGT, CFE-CGC, FCE-CFDT et FO Energie et Mines) considèrent que de nombreux documents et réponses leur manquent afin d'être en mesure de formuler un avis éclairé et motivé", a indiqué le CCE dans un communiqué.

L'organisme demande en conséquence aux cabinets Secafi et Degest d'analyser l'impact du projet Hinkley Point sur les finances de l'entreprise, ainsi que ses conséquences organisationnelles, sociales et techniques.

Evoquant "un dialogue de sourds" à l'occasion de la séance de consultation du CCE de lundi, un de ses membres interrogé par Reuters a déclaré que le groupe voulait "aller vite et limiter le débat à l'accord avec les partenaires chinois" alors que les représentants du personnel "souhaitent un débat plus large".

EDF n'a pas souhaité commenter ces informations.

En vertu d'accords annoncés en octobre 2015, l'électricien public français détiendra 66,5% du projet Hinkley Point et son partenaire chinois CGN en prendra 33,5%.

L'intersyndicale CGT, CFE-CGC et FO d'EDF souhaite notamment que le groupe ne lance pas Hinkley Point avant de bénéficier du retour d'expérience des EPR en cours de construction en France (Flamanville) et en Chine (Taishan), et demande donc un report du feu vert au-delà de 2016, voire de trois ans. (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)