Sigmar Gabriel plaide pour un allègement de la dette grecque

samedi 7 mai 2016 15h07
 

BERLIN, 7 mai (Reuters) - Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, a appelé samedi les Etats membres de la zone euro à entamer des négociations sur un allègement de la dette grecque affirmant qu'il n'y avait aucune logique à étouffer les signes d'une reprise économique par de nouvelles mesures d'austérité.

Les ministres des Finances des 19 pays de la zone euro se retrouvent lundi à Bruxelles pour discuter de la dette de la Grèce et des nouvelles mesures qu'Athènes doit mettre en oeuvre pour atteindre ses objectifs budgétaires en 2018.

"La réunion du groupe euro lundi doit trouver le moyen de briser ce cercle vicieux", explique Sigmar Gabriel dans un courrier électronique adressé à Reuters samedi.

"Chacun sait qu'un allègement de la dette interviendra à un moment ou à un autre. Essayer de se dérober encore et encore n'a pas de sens", ajoute le vice-chancelier allemand.

Le Fonds monétaire international (FMI) plaide également en ce sens et souhaite que les partenaires européens de la Grèce s'accordent sur un allègement substantiel de la dette grecque, essentiel selon lui pour une viabilité à long terme.

La Grèce a besoin des nouveaux prêts pour rembourser environ cinq milliards d'euros de dette, détenus par la Banque centrale européenne (BCE), arrivant à échéance d'ici la mi-juillet.

"Ce n'est pas aider les gens et un pays que de les obliger à se battre tous les 12 mois pour obtenir de nouveaux crédits afin de rembourser d'anciens emprunts", poursuit Sigmar Gabriel.

"Détruire à nouveau les premiers signes de reprise avec de nouvelles mesures d'austérité n'a pas de sens", estime-t-il, rappelant que les autorités grecques ont réussi à obtenir des résultats de croissance meilleurs que ceux attendus.

Cette position n'est pas partagée par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui estime inutile un allègement de la dette grecque.

(Thorsten Severin; Pierre Sérisier pour le service français)