Rio Tinto valide un projet à $5,3 mds dans le cuivre en Mongolie

vendredi 6 mai 2016 11h48
 

par James Regan et Terrence Edwards

SYDNEY/OULAN BATOR, 6 mai (Reuters) - Le groupe minier Rio Tinto a donné vendredi le feu vert définitif aux travaux de mise en exploitation, pour 5,3 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros), de la mine d'Oyu Tolgoi en Mongolie, l'une des étapes clés de son développement sur le marché du cuivre.

Le gisement d'Oyu Tolgoi, dans le désert de Gobi, est l'un des plus importants du monde et il constitue l'un des principaux axes de la stratégie de Rio Tinto visant à assurer sa croissance tout en réduisant sa dépendance au marché du minerai de fer. Une fois atteinte sa pleine capacité, il représentera la troisième mine de cuivre du monde.

Pour la Mongolie, le projet constitue le plus important investissement étranger lancé à ce jour. Selon les projections initiales, au plus haut, la production d'Oyu Tolgoi pourrait représenter à elle seule un tiers de l'activité économique du pays.

La décision officialisée vendredi marque aussi une victoire pour Jean-Sébastien Jacques, qui prendra en juillet ses fonctions de directeur général de Rio Tinto et a piloté depuis deux ans et demi les discussions avec les autorités mongoles sur la répartition des coûts et la fiscalité du projet.

"Les fondamentaux à long terme du marché du cuivre restent solides", a-t-il assuré vendredi dans le communiqué annonçant la décision sur Oyu Tolgoi.

Le cours du cuivre évolue actuellement non loin de son plus bas niveau depuis sept ans, conséquence des surcapacités dont souffre le marché mondial. Mais Rio Tinto, en s'appuyant sur la diminution des découvertes de nouvelles ressources, espère que le marché sera déficitaire lorsque le gisement de Mongolie entrera en production.

Le groupe, qui a réalisé en 2015 87% de son bénéfice courant dans le minerai de fer mais souhaite réduire le poids de cette activité, possède 66% du projet Oyu Tolgoi via sa filiale Turquoise Hill, le solde étant aux mains de l'Etat mongol.

Le développement du gisement prévoit le creusement de 200 km de tunnels pour une mise en production en 2020.

Vingt banques internationales ont accepté en décembre de prêter 4,4 milliards de dollars à Rio Tinto pour ce projet.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)