CORR-Pour Bill Gross (Janus), la "monnaie hélicoptère" arrive

mercredi 4 mai 2016 17h45
 

(Bien lire "déflation" au lieu d'"inflation" au §9)

NEW YORK, 4 mai (Reuters) - La prochaine initiative importante en matière de politique monétaire et budgétaire devrait inclure la distribution directe d'argent pour relancer la croissance américaine et éviter une récession, écrit Bill Gross, gérant de portefeuille pour le fonds Janus Capital Group .

Il se peut que cette reprise du concept de "monnaie hélicoptère" récemment évoqué en Europe soit partiellement une boutade, mais dans son dernier rapport sur l'investissement publié mercredi, il estime néanmoins que la Réserve fédérale et le Trésor américain devraient s'engager dans une nouvelle phase d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing" ou QE) qui consiste à injecter des milliers de milliards de dollars de liquidités dans l'économie via le rachat d'obligations d'Etat.

"Larguez l'argent des hélicoptères", écrit Bill Gross, qui gère 1,3 milliard de dollars (1,13 milliard d'euros) de son fonds obligataire Janus Global Unconstrained Bond.

"Il y a certes une fin abrupte au vol d'un hélicoptère mais la seule alternative est la mise en oeuvre de plans d'austérité en urgence et une récession prolongée. J'imagine que les dirigeants politiques et les banquiers centraux choisiront de voler plutôt que de mourir."

La "monnaie hélicoptère" fait référence à une idée popularisée par l'économiste américain Milton Friedman en 1969 selon laquelle jeter purement et simplement de l'argent aux populations depuis des hélicoptères était une manière sure de relancer l'économie et de lutter contre la déflation.

Bill Gross pense que les programmes de QE des banques centrales reviendront à créer de la monnaie hélicoptère "peut-être même aux Etats-Unis dans un an et quelque".

Il a ajouté que les taux d'intérêt devraient rester bas pendant un certain temps, que le prix des actifs va continuer à monter artificiellement et qu'à un moment ou un autre, la politique monétaire va créer de l'inflation et les marchés seront fragilisés. Il a également estimé que les investisseurs devraient se contenter de rendements inférieurs à 5%. (Jennifer Ablan, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)