Coeuré (BCE) répond aux critiques de l'Allemagne

dimanche 1 mai 2016 14h01
 

FRANCFORT, 1er mai (Reuters) - L'Allemagne aurait beaucoup à perdre si la Banque centrale européenne renonçait à son objectif d'inflation et les taux d'intérêt bas présentent aussi des avantages, pas seulement des inconvénients, a déclaré Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, en réponse aux nombreuses critiques dont la BCE fait l'objet en Allemagne.

Sans la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE, l'activité économique stagnerait, le chômage serait plus élevé et les finances publiques seraient plus difficiles à équilibrer, affirme-t-il dans une tribune publiée dimanche par le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Les critiques se sont multipliées ces dernières semaines en Allemagne contre les mesures prises par la BCE pour tenter de relancer l'inflation et l'activité économique en zone euro, les taux particulièrement bas qu'elle génère ayant un impact sur les revenus de l'épargne des ménages et fragilisant les caisses d'épargne.

"Grâce à l'amélioration des conditions économiques, stimulées notamment par la politique monétaire, le revenu réel et l'emploi ont progressé en Allemagne ces dernières années", fait valoir Benoît Coeuré. "Autrement dit, nous avons besoin de taux d'intérêt bas pour assurer une normalisation des conditions économiques, y compris pour de meilleurs rendements de l'épargne à l'avenir".

Dans un entretien à Reuters le mois dernier, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé que la politique de taux bas créait des "problèmes exceptionnels" aux banques et aux retraités allemands et contribué à la montée du parti d'extrême-droite AfD.

Pour Benoît Coeuré, la BCE a été "très souple" dans l'interprétation de son objectif d'inflation mais l'abandonner purement et simplement créerait de l'instabilité et augmenterait le risque de déflation.

"Renoncer discrètement à l'objectif d'inflation qui résulte d'un commun accord et qui a bien utile à la BCE ces 13 dernières années n'est pas une option", dit-il, tout en reconnaissant que l'inflation dans la zone euro ne remontera que "très graduellement." (Balazs Koranyi, Véronique Tison pour le service français)