Rome passe un décret pour accélérer le recouvrement des créances

samedi 30 avril 2016 01h33
 

ROME, 30 avril (Reuters) - Le gouvernement du président du Conseil italien, Matteo Renzi, a promulgué un décret vendredi visant à accélérer le recouvrement des créances pour venir en aide à son système bancaire aux prises avec quelque 360 milliards de prêts à risque.

"Cela va ramener le temps nécessaire pour recouvrer une dette d'entre six et huit ans à entre six et huit mois", a-t-il déclaré à la presse après avoir fait passer le décret.

"Ce décret vise à régler (...) définitivement les problèmes du système bancaire de notre pays", a-t-il ajouté.

Le gouvernement cherche à stabiliser la situation des banques italiennes qui souffrent d'une rentabilité faible, d'une gouvernance fragile et de coûts élevés.

Rome a déjà mis en place ce mois-ci un fonds de cinq milliards d'euros pour redresser les banques les plus faibles de la quatrième économie de la zone euro.

Le nouveau décret facilitera le recouvrement des collatéraux placés en garantie par les entreprises, et non les particuliers comme les détenteurs de prêts immobiliers, a dit Matteo Renzi.

Lors de la signature de l'accord de crédit, le prêteur et l'emprunteur pourront convenir de passer par-dessus le système judiciaire et autoriser la saisie des collatéraux si l'emprunteur fait défaut, a dit une source du gouvernement.

Mais il permettra également aux créanciers de saisir des actifs en dehors de ceux placés en garantie des prêts, tout en autorisant les entreprises à continuer à utiliser des biens immobiliers et des équipements déjà saisis afin de pouvoir tenter de rembourser leur dette et éventuellement rester en activité, a dit le ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan.

Par ailleurs, le décret prévoit le remboursement de certains petits détenteurs d'obligations, qui ont perdu de l'argent lors du sauvetage de quatre petites banques du pays l'an dernier, ce qui a déclenché un fort mécontentement contre Matteo Renzi. (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)