UE-Dijsselbloem appelle à nouveau à réformer le Pacte de stabilité

jeudi 28 avril 2016 23h40
 

PARIS, 28 avril (Reuters) - Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem plaide à nouveau pour une réforme du Pacte de stabilité et de croissance, dans un entretien à paraître vendredi dans Les Echos et La Stampa

Les règles permettant de déterminer si un pays respecte les objectifs d'un déficit public et d'une dette publique inférieurs respectivement à 3% et 60% du PIB sont intégrées au Pacte de stabilité et de croissance, adopté par le Conseil européen en juin 1997, puis amendé en 2005, 2011 et 2013.

"Une réforme du Pacte est nécessaire car nous avons tous des problèmes avec les indicateurs actuels qui jugent la performance d'un pays, et notamment avec le déficit structurel. C'est un indicateur difficile à prédire, difficile à gérer et difficile à expliquer", explique le ministre des Finances néerlandais dans cette interview.

Selon lui, il serait plus judicieux de se concentrer sur l'indicateur de dépenses de référence, également appelée "règle de dépense" ("expenditure benchmark"), qui lie l'évolution du niveau de dépense des Etats à leur activité économique.

"C'est une règle simple à expliquer et à appliquer", déclare Jeroen Dijsselbloem.

Ce sujet était à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne, samedi dernier à Amsterdam.

Dans cet entretien, le président de l'Eurogroupe juge également que le débat autour de la politique mise en oeuvre par la Banque centrale européenne "n'a pas lieu d'être (car) la BCE agit dans le cadre de son mandat".

"Les taux bas n'ont pas été provoqués par la BCE mais par des facteurs démographiques, économiques et politiques", a-t-il dit au quotidien économique français et au journal italien.

Les critiques contre la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE se sont multipliées ces dernières semaines en Allemagne, les taux bas qui en découlent pénalisant les revenus de l'épargne. (Myriam Rivet, édité par Benoît Van Overstraeten)