28 avril 2016 / 14:08 / dans un an

LEAD 1-USA-La croissance ralentit fortement mais devrait repartir

* La croissance du PIB a ralenti à 0,5% en rythme annualisé au T1

* La croissance de la consommation des ménages est tombée à 1,9%

* Stocks, investissement et commerce extérieur ont pesé

* Un ralentissement sans doute passager, l‘emploi reste dynamique (Actualisé avec précisions, commentaire, réactions des marchés)

par Lucia Mutikani

WASHINGTON, 28 avril (Reuters) - La croissance de l‘économie américaine est tombée au premier trimestre à son plus bas niveau depuis deux ans avec le ralentissement de la consommation des ménages comme de l‘investissement des entreprises, auquel s‘est ajouté l‘impact du dollar fort sur les exportations, montrent les statistiques publiées jeudi, mais elle devrait remonter rapidement grâce à la bonne santé du marché du travail.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,5% seulement en rythme annualisé, le chiffre le plus faible enregistré depuis le premier trimestre 2014, selon la première estimation du département du Travail, dont les statistiques montrent aussi l‘impact négatif de l‘effort continu de réduction des stocks des entreprises.

La première économie mondiale a en outre continué de souffrir de la chute des prix du pétrole, qui a contribué à la baisse de 5,9% de l‘investissement des entreprises, la plus marquée depuis le deuxième trimestre 2009, lorsque l‘économie était encore en récession.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 0,7% en rythme annualisé après celle de 1,4% du dernier trimestre 2015.

“Même si la croissance a été faible en début d‘année, les résultats mitigés correspondent aux tendances saisonnières de la dernière décennie. Les prévisions de croissance pour le reste de l‘année restent solides”, a commenté Jim Baird, responsable de la stratégie d‘investissement de Plante Moran Financial Advisors.

Le marché obligataire a légèrement progressé après les chiffres du PIB mais le dollar n‘a pratiquement pas réagi.

AMÉLIORATION EN VUE

Presque tous les secteurs de l‘économie ont ralenti ou reculé sur janvier-mars, à l‘exception de l‘immobilier résidentiel.

Mais ce coup de frein à la croissance sera probablement très temporaire au vu de la vigueur de l‘emploi. Les demandes d‘allocations chômage restent en effet proches de leur plus bas niveau depuis 1973 et l‘économie a créé 209.000 postes par mois en moyenne au premier trimestre.

Plusieurs enquêtes récentes sur le climat des affaires ont en outre rebondi.

De son côté, la Réserve fédérale, tout en constatant mercredi dans son communiqué de politique monétaire que l‘économie avait “ralenti”, a ajouté que le marché du travail s‘était “encore amélioré”.

Certains économistes notent par ailleurs que le modèle utilisé par l‘administration fédérale pour tenter de corriger l‘impact des facteurs saisonniers sur les chiffres du PIB ne semble pas totalement efficace.

La croissance du premier trimestre a été pénalisée par ces facteurs saisonniers, climatiques entre autres, au cours de cinq des six dernières années.

La consommation des ménages, principal moteur de l‘économie américaine, a augmenté de 1,9% en données annualisées sur janvier-mars, sa plus faible progression depuis le premier trimestre de l‘an dernier, après +2,4% sur octobre-décembre.

LA CONSOMMATION ET L‘INVESTISSEMENT À LA PEINE

Leur revenu disponible après impôts et inflation a pourtant progressé de 2,9% au premier trimestre après +2,3% sur les trois mois précédents, mais il semble que cette hausse ait surtout favorisé l‘épargne et le désendettement, ce qui pourrait favoriser leurs dépenses au cours des prochains mois.

La faiblesse de la consommation a donné aux entreprises une raison supplémentaire de réduire leurs propres achats et de limiter autant que possible leurs stocks: sur le trimestre, la valeur de ceux-ci n‘a augmenté que de 60,9 milliards de dollars, après une hausse de 78,3 milliards sur octobre-décembre.

Cette faiblesse de l‘accumulation des stocks représente une contribution négative de 0,33 point à la croissance du trimestre, après -0,22 point au quatrième trimestre.

Le commerce extérieur, lui, pénalisé par la vigueur du dollar, a amputé la croissance de janvier-mars de 0,34 point. Mais cette tendance pourrait s‘inverser: le billet vert, après s‘être apprécié de 20% face aux devises des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis entre juin 2014 et décembre 2015, a rétrocédé 2,6% en données pondérées des échanges depuis le début de l‘année.

La chute des prix du pétrole a quant à elle nui à l‘investissement des entreprises: les investissements en équipements ont chuté de 8,6% en rythme annualisé au premier trimestre, leur plus forte baisse depuis le deuxième trimestre 2009.

Et le recul est plus marqué encore (-10,7%) pour les investissements en infrastructures non-résidentielles.

Tableau:

Les indicateurs américains en temps réel (Marc Angrand pour le service français)

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