28 avril 2016 / 06:58 / il y a un an

LEAD 3-Airbus-Les nuages s'accumulent autour de l'A400M et de l'A350

* L'action a perdu 4,6%, plus forte baisse du CAC 40

* Pas de nouvel objectif de livraison pour l'A400M en 2016

* Goulots d'étranglement dans la chaîne de fournisseurs de l'A350

* 27 livraisons d'A380 en 2016, 20-25 en 2017, équilibre maintenu

* Ebit -23% au T1, CA +1%, stagnation des résultats 2016 confirmée (Actualisé avec AG, cours à la clôture)

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS/AMSTERDAM, 28 avril (Reuters) - Airbus Group a chuté en Bourse jeudi après avoir dit qu'il redoutait un impact financier "significatif" lié aux nouveaux problèmes de l'avion militaire A400M et que des goulots d'étranglement chez ses fournisseurs rendaient son objectif de livraison d'A350 en 2016 de plus en plus difficile à atteindre.

L'action du groupe européen d'aérospatiale et de défense a perdu 4,60% à 55,77 euros à la Bourse de Paris, affichant la plus forte baisse du CAC 40 et portant son recul depuis le début de l'année à 10%.

"Les dernières difficultés de l'A400M sont malvenues, mais il y aura aussi des inquiétudes (..) sur les défis de l'A350 et les problèmes de l'A320neo", la version remotorisée du monocouloir d'Airbus, écrit RBC dans une note, tandis que JPMorgan a abaissé sa recommandation de "surpondérer" à "neutre".

"2016 s'avère être l'année difficile que nous avions anticipée", reconnaît le président exécutif Tom Enders dans le communiqué de résultats.

Airbus Group a vu son bénéfice d'exploitation (Ebit) avant exceptionnels chuter de 23% au premier trimestre, pénalisé notamment par l'impact de la faiblesse de la demande du secteur pétrolier en hélicoptères.

Et son flux de trésorerie disponible a affiché un solde bien plus négatif qu'attendu, à -2,986 milliards d'euros, contre un consensus de -2,431 milliards cité par les analystes.

Le groupe a confirmé prévoir cette année une stagnation de son bénéfice d'exploitation (Ebit), de son bénéfice par action avant éléments non récurrents et de son flux de trésorerie disponible.

Mais le directeur financier Harald Wilhelm n'a pas exclu une charge liée aux derniers problèmes de moteurs de l'A400M, qui s'ajouterait à l'impact de cinq milliards d'euros déjà causé par l'avion de transport militaire sur le bilan d'Airbus Group.

Il a dit lors d'une conférence téléphonique ne pas être en mesure à ce stade de fournir de nouvel objectif de livraison de l'appareil pour cette année. Airbus Group tablait jusqu'à présent sur 20 unités.

BAISSE DE LIVRAISONS À VENIR DE L'A380

L'A400M, qui reste le point noir d'Airbus Group après avoir accusé de nombreux retards, fait l'objet de discussions avec les pays clients sur la résolution des problèmes de moteurs des quelque 25 avions en service et sur un nouveau calendrier de livraisons des nouveaux appareils.

"Le coût issu de l'évaluation devra être adapté en conséquence, mais à ce stade nous n'avons pas de vision suffisamment mûre des conséquences techniques, commerciales et industrielles, et de leur potentiel impact sur les publications financières, qui pourraient être significatifs", précise le groupe dans son communiqué.

Harald Wilhelm a jugé "très limités" les risques d'annulations de commandes, mais lors de l'assemblée générale annuelle, Tom Enders a laissé percer sa frustration vis-à-vis du motoriste italien Avio Aero, filiale de General Electric, à l'origine d'une partie des problèmes.

"C'est pénible", a-t-il dit aux actionnaires réunis à Amsterdam dans la foulée de la présentation des résultats trimestriels. "Ce n'était pas sur la liste des difficultés auxquelles nous nous attendions".

Avio Aero n'était pas immédiatement disponible pour un commentaire.

Concernant l'A350, le défi le plus crucial d'Airbus dans les avions civils, Harald Wilhelm a estimé que l'objectif d'au moins 50 livraisons du nouveau long-courrier cette année risquait d'être de plus en plus difficile à atteindre.

Sur l'A320neo, il a démenti des informations faisant état d'un ralentissement des cadences.

DES AVIONS À "BONS RENDEMENTS"

Pour l'A380, Tom Enders a confirmé une information de Reuters selon laquelle Airbus compte réduire la production du très gros porteur en raison de la faiblesse de ses ventes. Il s'est dit confiant dans l'amélioration commerciale de l'A380, tout en soulignant qu'Airbus ne fabriquerait que des avions offrant de "bons rendements".

Airbus s'attend désormais à 27 livraisons pour 2016, comme en 2015, et 20-25 en 2017, assurant qu'il maintiendra à ces niveaux l'équilibre financier du programme, atteint l'an dernier après 15 ans d'investissements massifs.

Harald Wilhelm a également estimé que les reports de commandes d'avions de ligne restaient à des plus bas record malgré les inquiétudes sur un ralentissement du secteur, faisant ainsi écho au constat de Boeing, le rival d'Airbus.

Il a également expliqué qu'Airbus Group continuerait à donner la priorité aux cessions d'actifs plutôt qu'aux acquisitions, confirmant son intention de terminer le désengagement du capital de Dassault Aviation, mais sans souhaiter fournir de calendrier à ce stade.

Le directeur financier a dit aussi espérer finaliser "dans un futur proche" la constitution d'Airbus Safran Launchers, la coentreprise d'Airbus Group avec Safran dans les lanceurs spatiaux.

Le communiqué :

bit.ly/1T69Zfh (Edité par Dominique Rodriguez)

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