LEAD 2-La France "solidaire" du lanceur d'alerte de LuxLeaks

mardi 26 avril 2016 19h22
 

(Actualisé avec ouverture du procès)

PARIS/LUXEMBOURG, 26 avril (Reuters) - Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a exprimé mardi sa "solidarité" avec le lanceur d'alerte Antoine Deltour, à l'origine de l'affaire dite LuxLeaks, et indiqué que la France était prête à lui venir en aide pour son procès, qui s'est ouvert mardi au Luxembourg.

Ce Français âgé de 30 ans, ancien collaborateur du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC), est accusé d'avoir transmis des données de clients de PwC au journaliste du magazine "Cash Investigation" sur France 2, Edouard Perrin, pour une émission en 2012.

Le parquet estime que ces données, ainsi que d'autres fournies par un autre Français, Raphaël Halet, lui aussi ancien employé de PwC, ont par la suite été utilisées dans les révélations "LuxLeaks" de novembre 2014 par le Consortium international des journalistes d'investigation.

Les trois Français sont accusés de "vol domestique, accès ou maintien frauduleux dans un système informatique, divulgation de secrets d'affaires, violation de secret professionnel et blanchiment-détention des documents soustraits."

Avec l'affaire LuxLeaks, le Luxembourg s'est retrouvé accusé d'avoir conclu avec des multinationales des accords fiscaux confidentiels qui auraient minimisé les rentrées fiscales d'un certain nombre d'Etats européens.

Ces accords auraient permis à des entreprises telles qu'Apple, Amazon, Pepsi ou Disney de minimiser leurs impôts.

Le Grand-Duché fait valoir que d'autres pays ont des accords similaires et a proposé de partager les informations sur ces accords fiscaux avec d'autres Etats.

Lors de l'audience de mardi, un expert de PwC a accusé Antoine Deltour d'avoir copié 45.000 pages de documents auxquels il avait accès en profitant d'une faille de sécurité dans les serveurs du cabinet d'audit. Cette faille a depuis été comblée.   Suite...