EDF-Mailly (FO) réclame un délai de trois ans sur Hinkley Point

dimanche 24 avril 2016 15h51
 

PARIS, 24 avril (Reuters) - Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a estimé dimanche qu'un délai d'"au moins trois ans" était nécessaire à EDF pour s'engager dans le projet nucléaire britannique d'Hinkley Point et qu'Emmanuel Macron était "trop pressé" en annonçant une décision en septembre.

Interrogé sur France 3, il a estimé que l'apport par l'Etat de trois milliards d'euros à l'électricien annoncé à la veille du week-end était "une bonne nouvelle" mais que "tout n'est pas réglé" pour autant pour le groupe public.

"Il y a le problème Hinkley Point en Angleterre qui n'est toujours pas réglé; il y a 51 milliards qu'il faudra trouver pour le parc nucléaire français, donc ce n'est pas encore gagné", a-t-il dit.

Quant à la cession d'une partie du capital de la filiale RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, Jean-Claude Mailly y voit une "première fracture que l'on ferait, qui pourrait en signaler d'autres".

"C'est un risque de début de démantèlement" d'EDF, a-t-il indiqué.

Evoquant le projet de construction de deux réacteurs de type EPR à Hinkley Point, le numéro un de FO a estimé qu'annoncer une décision en septembre comme l'a déclaré le ministre de l'Economie Emmanuel Macron était prématuré. C'est "beaucoup trop tôt", a-t-il dit, au vu des risques financiers, l'investissement étant de 23 milliards d'euros, et techniques.

"Il faut se donner au moins trois ans et pas trois mois", a dit le dirigeant syndical. "Il est trop pressé Emmanuel Macron sur ce dossier, il devrait faire attention car ça peut être pire que tout si ça flanche, si ça ne marche pas". (Yann Le Guernigou, édité par Danielle Rouquié)