GB-EDF menacé de recours sur les aides au projet Hinkley Point

vendredi 22 avril 2016 14h53
 

LONDRES, 22 avril (Reuters) - Greenpeace et le fournisseur d'énergie renouvelable Ecotricity ont menacé vendredi d'engager une procédure judiciaire contre le projet de centrale nucléaire d'Hinkley Point si celui-ci bénéficie du soutien financier de l'Etat français.

Le projet de construction de deux réacteurs de type EPR à Hinkley Point, estimé à 18 milliards de livres (23 milliards d'euros), est censé être financé aux deux tiers par EDF , dont l'Etat français possède 84,5%, mais la charge financière à supporter est telle qu'elle pourrait conduire Paris à recapitaliser le groupe.

Un conseil d'administration d'EDF devait se réunir vendredi. Une décision sur le projet Hinkley Point est attendue en mai.

"Ecotricity et Greenpeace ont écrit aujourd'hui aux gouvernements britannique et français et à EDF Energy (filiale britannique d'EDF, NDLR) pour les avertir que toute nouvelle aide publique à la centrale nucléaire d'Hinkley Point serait illégale", déclare Ecotricity dans un communiqué.

"Ecotricity et Greenpeace seraient prêts à contester toute nouvelle aide devant les tribunaux."

Le gouvernement britannique a déjà accordé à EDF un prix garanti pendant 35 ans pour l'électricité que produiront les futurs réacteurs d'Hinkley Point, prix près de trois fois supérieur au prix de marché actuel, et il a promis un prêt de deux milliards de livres pour le projet.

Greenpeace a publié vendredi les conclusions de trois juristes spécialistes de la concurrence et du droit communautaire européen au cabinet Monckton Chambers, selon lesquelles tout financement impliquant l'Etat français serait assimilable à une aide d'Etat.

"Il serait difficile de justifier qu'une telle mesure est compatible avec le marché intérieur", soulignent ces juristes.

EDF s'est refusé à tout commentaire. (Susanna Twidale, Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)