Le SNPL accuse Air France de retrouver ses "vieux démons"

jeudi 21 avril 2016 11h11
 

PARIS, 21 avril (Reuters) - Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) a accusé jeudi la direction d'Air France d'avoir retrouvé ses "vieux démons" en mettant sur la table un projet d'accord impossible à signer sur les règles de rémunération des pilotes.

La filiale d'Air France-KLM a présenté le 10 avril à ses pilotes un projet d'accord leur demandant plus de flexibilité en échange de la promesse d'au moins 600 embauches d'ici 2020, dont 220 créations d'emplois.

Les deux syndicats de pilotes de la compagnie, le SNPL et le Syndicat des pilotes d'Air France (Spaf), avaient déclaré à Reuters la semaine dernière qu'ils s'opposaient fermement à ce projet d'accord ouvert à la signature jusqu'au 2 mai.

"C'est sans surprise (...) que le conseil a rejeté mercredi à l'unanimité ce texte qui ne correspond en rien aux objectifs fixés au début et ne résout aucun des problèmes d'Air France", a déclaré le porte-parole Emmanuel Mistrali.

Une porte-parole d'Air France s'est refusée à tout commentaire, confirmant simplement le délai du 2 mai donné par la compagnie à ses pilotes pour signer l'accord.

Emmanuel Mistrali a dénoncé à la fois le fond du projet d'accord et la date butoir fixée qui, selon lui, "ferme le jeu".

"La direction recommence les mêmes erreurs, démarrant avec plein de bonne volonté, un discours qui semble être plus apaisé, des négociations semblant débuter sous des meilleures auspices", a constaté Emmanuel Mistrali, faisant référence au changement de méthode proposé en janvier par le nouveau directeur des ressources humaines.

"Mais on a replongé dans les vieux démons, les vieilles recettes, c'est-à-dire l'attaque sur les conditions de travail et des salaires sous couvert de vagues promesses d'amélioration de croissance et d'amélioration de la productivité qui n'engagent à rien."

Le SNPL reste prêt à négocier, mais sur de nouvelles bases, a poursuivi Emmanuel Mistrali, se demandant si la direction d'Air France était prête à prendre le risque de "commettre des agressions" contre les règles de rémunération des pilotes ou leur périmètre d'activité à quelques mois d'un changement de direction de sa maison mère Air France-KLM.

Le groupe franco-néerlandais espère présenter d'ici son assemblée générale annuelle du 19 mai un successeur à Alexandre de Juniac, qui prendra la tête de l'Association du transport aérien international (Iata) d'ici le 1er août.

Selon Les Echos, l'ex-directeur général de GDF-Suez Jean-François Cirelli et Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, sont les favoris. (Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez)