Berlin demande l'arrêt des réacteurs belges de Tihange 2 et Doel 3

mercredi 20 avril 2016 13h21
 

BERLIN, 20 avril (Reuters) - Les autorités allemandes ont réclamé mercredi à la Belgique l'arrêt temporaire de deux réacteurs nucléaires le temps de vérifier leur sécurité, suscitant la surprise du régulateur nucléaire belge.

L'initiative, inhabituelle, reflète les inquiétudes de Berlin quant à la sûreté des réacteurs de Tihange 2, dans l'est de la Belgique, non loin de la frontière allemande, et de Doel 3, dans le nord du pays, près des Pays-Bas.

"Je considère qu'il serait correct que ces sites soient temporairement mis hors ligne au moins le temps que de nouvelles investigations soient menées à leur terme. J'ai demandé au gouvernement belge de prendre cette mesure", écrit la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks, dans un communiqué.

Sa demande fait suite à un avis de la commission allemande de sûreté des installations du nucléaire, qui s'est dit dans l'incapacité d'affirmer que ces deux réacteurs seraient sûrs en cas d'incident.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès du ministère belge de l'Energie.

En revanche, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire belge (AFCN) a répondu dans un communiqué que les deux réacteurs respectaient les normes de sûreté "les plus sévères".

"L'AFCN prend acte, non sans étonnement, des déclarations de la ministre allemande de l'Environnement", écrit-elle dans un communiqué. "Les centrales de Doel 3 et Tihange 2 répondent aux exigences de sûreté les plus sévères."

A la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, en mars 2011 au Japon, l'Allemagne s'est engagée sur la voie d'une sortie complète du nucléaire d'ici 2022.

Les réacteurs nucléaires de Tihange 2 et Doel 3, d'une capacité d'environ un gigawatt chacun, sont restés fermés après la découverte en 2012 de microfissures sur les parois de leurs cuves. Ils ont été brièvement relancés en 2014 avant d'être de nouveau mis à l'arrêt en mars 2014.   Suite...