LEAD 1-L'abus de position dominante guetterait Google-sources

lundi 18 avril 2016 17h40
 

(Actualisé avec précisions sur la possibilité de nouvelles accusations )

par Foo Yun Chee et Eric Auchard

BRUXELLES, 18 avril (Reuters) - La Commission européenne (CE) se prépare à accuser Google de favoriser abusivement ses propres applications dans les accords de licences logicielles passés avec les fabricants de téléphones mobiles employant son système d'exploitation Android, ont déclaré lundi quatre sources proches du dossier.

On estime que Google, désormais filiale du groupe Alphabet, a réalisé l'an passé 11 milliards de dollars (9,7 milliards d'euros) de chiffre d'affaires sur les seules recettes publicitaires des combinés Android.

Si l'Union européenne (UE) jugeait Google coupable d'abus de position dominante, le géant américain pourrait écoper en théorie d'une amende allant jusqu'à 7,4 milliards de dollars (6,55 milliards d'euros), soit 10% du chiffre d'affaires réalisé en 2015 et être contraint de modifier ses pratiques commerciales.

Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, a expliqué que son enquête se concentrait sur le recours à des contrats exclusifs permettant aux fabricants de combinés d'utiliser les applications de Google et pas forcément sur l'exigence d'installer sur les combinés un ensemble complet d'applications Google telles que Search, Maps, Gmail et Google Play.

Même si Android est un logiciel libre ("open source") qui permet aux fabricants de matériels de concevoir et utiliser leurs propres logiciels, la grande majorité des smartphones européens intègre un ensemble standard d'applications et de logiciels qui doivent faire l'objet d'une licence accordée par Google, selon le cabinet d'études Strategy Analytics.

"Notre préoccupation est qu'en demandant aux fabricants de téléphones et aux opérateurs de pré-télécharger un ensemble d'applications Google plutôt que de les laisser décider eux-mêmes quelles applications télécharger, Google pourrait avoir coupé le canal par lequel de nouvelles applications sont rendues disponibles pour les consommateurs", a expliqué Margrethe Vestager.

"Nous examinons la question du chargement lié mais ce n'est pas forcément un problème en soi".   Suite...