Le prochain président de la BCE devra être allemand, dit la CSU

lundi 18 avril 2016 08h59
 

BERLIN, 18 avril (Reuters) - Le prochain président de la Banque centrale européenne (BCE) devra être un Allemand, ont dit lundi plusieurs représentants de la CSU, le parti bavarois allié de la chancelière Angela Merkel.

La BCE a été vivement critiquée ces derniers jours par des responsables politiques allemands qui reprochent à sa politique de taux extrêmement bas, voire négatifs, de créer des "trous béants" dans les comptes des épargnants et les fonds de pension des retraités, du fait de la baisse des rendements.

Hans-Peter Friedrich, l'un des figures de proue de la CSU et ancien ministre de l'Intérieur, a déclaré au quotidien à grand tirage Bild que la politique monétaire du président de la BCE, Mario Draghi, un Italien, avait conduit à "une perte massive de crédibilité."

"Le prochain dirigeant de la BCE devra être un Allemand, qui se sente lié par la tradition de stabilité monétaire de la Bundesbank allemande", a-t-il ajouté. Le mandat de Mario Draghi arrive à échéance en 2019.

Hans-Peter Uhl, le porte-parole de la CSU pour les affaires intérieures, a plaidé pour qu'un spécialiste allemand des questions financières prenne la tête de la BCE.

Le parti eurosceptique AfD, en pleine ascension sur la scène politique allemande, avait vivement réagi le mois dernier après que Mario Draghi eut jugé "très intéressant" le concept de "monnaie hélicoptère", qui verrait la banque centrale distribuer directement des liquidités aux particuliers pour essayer de relancer l'inflation.

Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est publiquement inquiété des "problèmes exceptionnels" pour les banques et les retraités allemands liés à la politique de taux ultra-bas menée par la BCE.

Le ministre français des Finances Michel Sapin avait réagi la semaine dernière aux propos de son homologue allemand en appelant Berlin à continuer de respecter l'indépendance de la BCE.

Le gouverneur de la Banque de France a estimé lundi qu'il fallait distinguer le débat "légitime" sur la politique monétaire et une remise en cause de l'indépendance de la BCE, "qui serait inacceptable."

"Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a fait une mise au point salutaire en rappelant qu'on ne saurait juger la politique de la BCE du seul point de vue des épargnants et des retraités", a déclaré François Villeroy de Galhau dans un entretien au Figaro. (Caroline Copley, Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)