Destitution-Jour crucial pour Rousseff avec le vote des députés

dimanche 17 avril 2016 12h10
 

par Marcela Ayres et Anthony Boadle

BRASILIA, 17 avril (Reuters) - La chambre basse du Congrès du Brésil doit procéder ce dimanche à un vote susceptible de déboucher sur une destitution de la présidente Dilma Rousseff, éclaboussée par une vaste affaire de corruption.

Cette crise politique, qui divise le Brésil depuis des mois sur fond de soupçons de corruption, s'est peu à peu muée en un conflit ouvert entre la présidente et son vice-président, le centriste Michel Temer, membre du PMDB (Parti du mouvement démocratique brésilien), qui lui succéderait si elle était destituée.

Dilma Rousseff s'est lancée samedi dans des tractations de la dernière chance avec les députés de son camp, pour tenter de s'assurer leur soutien à la veille du vote. La présidente a annulé son intervention à un meeting anti-destitution pour aller rencontrer, à huis clos, une partie des députés appelés à se prononcer ce dimanche pour ou contre sa destitution au motif qu'elle aurait enfreint les règles budgétaires en vigueur en maquillant les compte publics pour faciliter sa réélection en 2014.

Ces discussions suggèrent que le vote de dimanche pourrait être plus serré qu'attendu initialement. On estime que Dilma Rousseff doit trouver 20 voix en sa faveur pour empêcher la destitution de réunir la majorité des deux tiers à la chambre basse, qui compte 513 sièges.

Un conseiller de Michel Temer a déclaré que Rousseff, soutenue par son prédécesseur Luis Iñacio Lula da Silva, qui reste l'homme politique le plus influent du pays, était parvenue à faire changer de camp une "poignée" de députés mais pas assez pour faire pencher la balance en sa faveur.

"Lula" a été samedi à la manoeuvre pour tenter d'obtenir que Rousseff, du même bord politique que lui, se maintienne au pouvoir, réunissant les gouverneurs de plusieurs Etats afin qu'ils fassent pression sur les députés.

"L'engagement des gouverneurs s'avère décisif", a déclaré Paulo Teixeira, l'un des chefs de file à la chambre basse du Parti des travailleurs (PT), la formation de Rousseff et de Lula.

Des milliers de policiers devaient se déployer ce dimanche dans la capitale, Brasilia, et dans les mégapoles que sont Sao Paulo et Rio de Janeiro, où l'on attendait des rassemblements rivaux de plusieurs centaines de milliers de partisans et d'opposants à la destitution.   Suite...