Brésil-Rousseff cherche jusqu'au bout à éviter sa destitution

samedi 16 avril 2016 22h52
 

par Marcela Ayres et Anthony Boadle

BRASILIA, 16 avril (Reuters) - La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, s'est lancée samedi dans des tractations de la dernière chance avec les députés de son camp, pour tenter de s'assurer leur soutien à la veille d'un vote au Congrès susceptible de conduire à sa destitution.

La crise politique qui divise le Brésil depuis des mois sur fond de soupçons de corruption s'est peu à peu mué en un conflit ouvert entre la présidente et son vice-président centriste Michel Temer, qui lui succéderait si elle était destituée.

Dilma Rousseff a annulé son intervention à un meeting anti-destitution pour aller rencontrer, à huis clos, une partie des députés appelés à se prononcer dimanche pour ou contre sa destitution au motif qu'elle aurait enfreint les règles budgétaires en vigueur en maquillant les compte publics pour faciliter sa réélection en 2014.

Ces discussions suggère que le vote de dimanche pourrait être plus serré qu'attendu initialement. On estime que Dilma Rousseff doit trouver 20 voix en sa faveur pour empêcher la destitution de réunir la majorité des deux tiers à la chambre basse, qui compte 513 sièges.

Un conseiller de Michel Temer a déclaré que Rousseff, soutenue par son prédécesseur Luis Iñacio Lula da Silva, qui reste l'homme politique le plus influent du pays, était parvenue à faire changer de camp une "poignée" de députés mais pas assez pour faire pencher la balance en sa faveur.

Dans une vidéo et une tribune publiée dans la presse, Dilma Rousseff, première femme à diriger le plus grand pays d'Amérique latine, a de nouveau nié avoir commis des actes justifiant sa destitution, présentant la procédure visant à la chasser du pouvoir comme "la plus grosse fraude juridique et politique" de l'histoire du Brésil.

"Nous sommes face à la menace d'un coup d'Etat, un coup d'Etat sans armes qui utilise des méthodes plus destructrices, comme la fraude et le mensonge, pour tenter de détruire un gouvernement légitimement élu", a-t-elle écrit dans le grand quotidien Folha de S.Paulo samedi.

  Suite...