"Panama papers"-Poutine dénonce une "provocation" américaine

jeudi 14 avril 2016 17h47
 

MOSCOU, 14 avril (Reuters) - Le président russe Vladimir Poutine voit dans le scandale des "Panama papers" une provocation américaine, orchestrée notamment par la banque d'investissement Goldman Sachs, destinée à influer sur les élections législatives de septembre prochain en Russie.

Les dossiers révélés par la presse sur des comptes offshore dans des paradis fiscaux concernent notamment le violoncelliste russe Sergueï Roldouguine, ami d'enfance de Poutine et parrain de sa fille aînée Maria.

Jeudi, lors de sa séance annuelle de questions-réponses avec des téléspectateurs, Vladimir Poutine a une nouvelle fois pris la défense de Roldouguine.

"Qui est derrière ces provocations ? Nous savons qu'il y a des gens qui appartiennent à des institutions américaines", a dit le président en ajoutant que le journal allemand Süddeutsche Zeitung, selon lui le premier à publier ces fuites, appartenait à une grande banque américaine.

"Süddeutsche Zeitung est une holding appartenant à une institution financière américaine, Goldman Sachs", a-t-il dit. "Cela veut dire qu'on voit partout le bout du nez des instigateurs (de cette affaire) mais que ceux-ci n'ont pas la moindre honte."

"On ne doit pas s'attendre à les voir pris de remords. Ils vont continuer et plus les élections (russes) approcheront, plus ils sortiront ce genre de choses", a ajouté le président.

Dans un communiqué publié sur le site internet du Süddeutsche Zeitung, son directeur général Stefan Hilscher souligne que son journal "n'a aucune relation avec Goldman Sachs en terme de droit des affaires".

Selon les "Panama papers", les sociétés de Roldouguine ont brassé des milliards de dollars, provenant notamment de prêts de compagnies liées à l'Etat russe ou à d'autres amis de Vladimir Poutine.

Il y a une semaine, Poutine a déclaré qu'il était "fier d'avoir des amis comme Roldouguine" et a dénoncé un complot international.

"Nos opposants sont par-dessus tout préoccupés par la cohésion et le renforcement de la nation russe. Ils essayent de nous bousculer de l'intérieur, de nous rendre plus dociles. Ils ont donc fabriqué des informations", s'est-il indigné. (Jack Stubbs, Lidia Kelly, Dmitry Solovyov, Maria Kiselyova, Gleb Stolyarov et Anastasia Lyrchikova; Guy Kerivel pour le service français)