14 avril 2016 / 14:22 / il y a 2 ans

Poutine veut rassurer les Russes sur la situation économique

MOSCOU, 14 avril (Reuters) - Le président russe Vladimir Poutine, lors de sa session annuelle de questions-réponses avec des téléspectateurs, a assuré jeudi qu‘il faisait tout son possible pour limiter les conséquences du ralentissement économique et des sanctions internationales pour la population.

Pendant trois heures quarante, il a répondu aux questions sur la situation économique et sociale et a adopté un ton conciliant sur les dossiers de politique étrangère, soulignant que la Russie voulait avoir des rapports amicaux avec le reste du monde.

La plupart des interventions ont porté sur l‘inflation, les salaires et les carences des services publics.

“Je partage vos inquiétudes dans pratiquement 100% des cas”, a dit le président. “Nous allons unir nos efforts pour vous soulager.”

Des élections législatives sont prévues en septembre en Russie.

Vladimir Poutine a notamment répondu à deux salariées d‘une usine de conditionnement de poissons, Tatiana et Elena, qui se plaignaient de ne pas avoir été payées depuis plusieurs mois. En direct, le président a ordonné au parquet général de demander des comptes au procureur local qui a ignoré les requêtes des deux plaignantes.

“Je veux vous présenter mes excuses et je vous assure que nous ferons tout pour régler la situation”, a-t-il dit.

Quelques minutes plus tard, les agences de presse russes rapportaient qu‘une enquête avait été ouverte sur la gestion de l‘usine concernée.

En politique étrangère, Vladimir Poutine a laissé de côté sa rhétorique belliqueuse des années précédentes contre les Etats-Unis et leurs alliés.

Il s‘est dit favorable à une solution négociée en Syrie et a affirmé que Moscou souhaitait entretenir de bonnes relations avec la Turquie et l‘Ukraine.

Il a demandé en retour que son pays soit traité sur un pied d‘égalité par les puissances étrangères qui “ne doivent pas chercher à imposer leurs ambitions impériales”.

Il a dit ne pas s‘attendre à une levée prochaine des sanctions imposées par les pays occidentaux après l‘annexion de la Crimée en 2014. Il a souligné que la Russie pouvait s‘adapter à cette situation et a dit s‘attendre à une croissance de 1,4% l‘an prochain.

Un de ses interlocuteurs lui a demandé qui il préférerait sauver s‘il voyait le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue ukrainien Petro Porochenko en train de se noyer.

“Si quelqu‘un a vraiment décidé de se noyer, alors il est impossible de le sauver. Mais nous sommes prêts à tendre la main, la main de l‘amitié, à quiconque nous demande de l‘aide”, a-t-il répondu.

VOIR AUSSI:

REPORTAGE-La résilience des ménages russes limite la crise économique (Andrew Osborn et Alexander Winning, avec Jack Stubbs, Lidia Kelly, Dmitry Solovyov, Maria Kiselyova, Gleb Stolyarov et Anastasia Lyrchikova; Guy Kerivel pour le service français)

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