Recours au Conseil d'Etat contre la vente de l'aéroport de Lyon

jeudi 14 avril 2016 14h54
 

LYON, 14 avril (Reuters) - L'Association contre l'extension et les nuisances de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Acenas) a annoncé jeudi avoir déposé un recours devant le Conseil d'Etat contre la privatisation programmée des aéroports de Lyon.

"Une procédure d'urgence dite de référé suspension est engagée afin d'arrêter le processus de vente", précise l'association dans un communiqué.

Acenas s'inquiète des perspectives de développement de l'aéroport lyonnais engendré par la session des 60% du capital des aéroports détenus par l'Etat et des nuisances que celui-ci pourrait engendrer pour les riverains.

"La feuille de route pour le repreneur privé prévoit un doublement du trafic aérien à 20 millions de passagers et la création d'une méga zone fret pour le sud de l'Europe", relève l'Acenas, qui regrette qu'"aucune protection concrète ne soit prévue pour les riverains menacés par une explosion des nuisances aériennes, routières et ferroviaires."

Dans le recours déposé au Conseil d'Etat, Me Etienne Tête, qui défend les intérêts des riverains, fait valoir une série de motifs dont la violation des règles de mise en concurrence, la non conformité du transfert de délégation de service public, l'absence de transparence sur les critères de choix du candidat à la reprise, l'erreur d'appréciation sur la prise en compte des effets néfastes des vols de nuit sur la santé des riverains, ou encore la violation des engagements climatiques de la France de baisser de 50% les émissions de CO2 .

L'Etat a lancé formellement le 10 mars le processus de privatisation partielle des aéroports de Nice et Lyon.

Le gouvernement s'est déjà désengagé en 2014 de l'aéroport de Toulouse et la cession de ses participations de 60% dans ceux de Nice et Lyon pourrait lui rapporter jusqu'à 1,5 milliard d'euros.

La sélection des acquéreurs devrait intervenir dans le courant de l'été, avec comme objectif de finaliser les deux opérations dans le courant du second semestre.

De nombreux groupes et fonds d'investissement spécialisés dans les infrastructures ont d'ores et déjà manifesté leur intérêt pour ces deux aéroports régionaux français.   Suite...