13 avril 2016 / 10:32 / dans 2 ans

LEAD 2-France-Nouveaux efforts pour tenir le déficit malgré l'inflation

* La croissance toujours attendue à 1,5% en 2016 et en 2017

* Objectifs de déficit confirmés après une année 2015 meilleure que prévu

* Des économies supplémentaires pour compenser la faible inflation

* Le HCFP juge la prévision de croissance atteignable

* Il est plus critique sur l‘effort d‘ajustement (Actualisé avec déclarations de Sapin et Eckert)

par Myriam Rivet

PARIS, 13 avril (Reuters) - Le gouvernement français a maintenu mercredi son calendrier de réduction des déficits pour 2016 et 2017, tout en prévoyant 3,8 milliards d‘euros d‘économies supplémentaires cette année pour compenser une inflation plus faible que prévu.

Cet effort s‘ajoutera à la compensation du coût des mesures annoncées depuis le début de l‘année, comme le plan pour l‘emploi, les aides à la jeunesse et aux agriculteurs ou la hausse du point d‘indice de la rémunération des fonctionnaires.

Le programme de stabilité 2016-2019 présenté mercredi s‘articule toujours autour d‘une prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,5% pour 2016 et 2017.

Ce scénario est un peu plus optimiste que ceux du Fonds monétaire international (FMI), de l‘Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de la Commission européenne qui vont de 1,1% à 1,3% pour 2016 et de 1,3% à 1,7% pour 2017.

Dans son avis sur le programme de stabilité, le Haut conseil des finances publiques (HCFP) considère que la prévision de croissance 2016 “est encore atteignable”.

Même si la France a dépassé en 2015 son objectif de réduction du déficit public (à 3,5% du PIB contre 3,8% prévu), la trajectoire des finances publiques prévoit toujours de le ramener à 3,3% cette année et 2,7% fin 2017.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a confirmé mercredi la volonté du gouvernement d‘effectuer “un assainissement des comptes publics à un rythme compatible avec la reprise économique”.

RÉSERVE DU HAUT CONSEIL SUR LE DÉFICIT STRUCTUREL

Le Haut conseil juge cependant que l‘hypothèse de croissance potentielle de l‘économie du gouvernement paraît surévaluée, en particulier en 2016-2017, et que le maintien d‘un écart de production important est peu vraisemblable, ce qui entraîne une sous-estimation par Bercy du déficit structurel.

Michel Sapin a précisé prévoir une baisse du déficit structurel de 0,5 point en 2015, de 0,4 à 0,5 point en 2016 et d‘environ 0,5 point en 2017.

“Ce n‘est pas loin du tout de ce qui est considéré comme le rythme normal de réduction des déficits structurels”, a-t-il déclaré.

Dans un contexte de faiblesse persistante des prix de l‘énergie, Bercy a revu en baisse sa prévision d‘inflation pour cette année, à 0,1% contre 1% anticipé dans le budget 2016 voté en décembre.

Cette évolution va se répercuter sur les rentrées fiscales liées à la TVA - qui représentent près de la moitié des recettes de l‘Etat - et par ricochet nécessiter de nouvelles économies.

Ainsi, 3,8 milliards d‘euros d‘économies supplémentaires devront être réalisées cette année : un milliard pour l‘Etat, un milliard pour la Sécurité sociale et 1,8 milliard sur la charge de la dette. Ce dernier poste bénéficie de la faiblesse des taux, le taux à 10 ans étant attendu à 1,3% en fin d‘année contre 2,4% dans le budget 2016.

Malgré un redémarrage en 2017, l‘inflation devrait rester en deçà des précédentes prévisions, à 1,0% contre 1,4% précédemment, nécessitant là encore des économies supplémentaires d‘un montant de cinq milliards d‘euros, en plus du financement de nouvelles mesures.

“NOTRE STRATÉGIE FONCTIONNE”, DIT SAPIN

La France présentera ce programme de stabilité et le programme de réformes qui l‘accompagne à ses partenaires européens d‘ici la fin du mois.

“Les résultats de 2015 démontrent que notre stratégie fonctionne”, a dit Michel Sapin aux journalistes, en rappelant que “toute nouvelle mesure est, a été et sera intégralement compensée par des économies”.

Selon la nouvelle trajectoire des comptes publics, la dette publique devrait passer de 95,7% du PIB fin 2015 à 96,2% cette année et 96,5% l‘an prochain.

Parallèlement, le rythme de croissance des dépenses devrait se stabiliser à 1,1% en 2016 et 2017, la part des dépenses publiques dans le PIB - hors crédits d‘impôt - continuant à reculer (à 54,6% en 2016 puis 54,0% en 2017), tout comme le taux de prélèvements obligatoires (44,2% en 2016 puis 44,0% en 2017).

Le scénario macroéconomique prévu par le gouvernement prévoit une accélération de la consommation des ménages à 1,6% par an en 2016 et 2017, un bond de l‘investissement des entreprises de 3,2% cette année et 3,8% en 2017.

Il table également sur une poursuite du redressement du taux de marge des entreprises, qui passerait de 31,0% en 2015 à 31,8% en 2016 et 32,1% en 2017.

En moyenne, le nombre de créations d‘emplois devrait s‘élever à 190.000 cette année et 150.000 l‘an prochain.

Voir aussi :

L'avis du HCFP : bit.ly/1SyAx8O (édité par Jean-Baptiste Vey)

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