Des milliers de sidérurgistes allemands dans la rue

lundi 11 avril 2016 15h49
 

DUISBOURG, Allemagne, 11 avril (Reuters) - Des milliers d'ouvriers métallurgistes allemands sont descendus lundi dans les rues de Duisbourg et d'autres villes allemandes pour réclamer des mesures contre la concurrence déloyale de l'acier chinois et des garanties sur leur emploi, dans un contexte d'incertitude sur l'avenir des activités sidérurgiques du groupe Thyssenkrupp.

Selon le syndicat IG Metall, qui représente la profession, quelque 45.000 sidérurgistes ont manifesté dans tout le pays, qui est le premier producteur d'acier en Europe.

IG Metall veut obtenir des assurances sur l'emploi en cas de fusion des activités sidérurgiques de Thyssenkrupp avec celles de l'indien Tata Steel ou d'un autre groupe, une hypothèse qui a pris corps ces dernières semaines.

"Il me reste encotre 39 ans à travailler. Je ne veux pas me retrouver dans la rue", a déclaré Ingo, un employé de Thyssenkrupp âgé de 28 ans, lors de la manifestation de Duisbourg dans la Ruhr, qui a rassemblé 16.000 protestataires.

Les ouvriers allemands redoutent de subir le même sort que leurs collègues du Royaume-Uni, où Tata a annoncé fin mars son intention de vendre la totalité de ses activités qui emploient au total quelque 15.000 personnes, en arguant notamment de la baisse des prix de l'acier, des coûts élevés de l'énergie sur le marché britannique et des engagements de ses filiales en matière de financement des retraites.

Le groupe indien a annoncé lundi la vente de ses activités européennes d'aciers longs au britannique Greybull Capital, ce qui devrait permettre de sauver plus de 4.000 emplois. Mais des milliers d'autres restent menacés alors que Tata Steel n'a toujours pas trouvé de repreneur pour son usine déficitaire de Port Talbot, premier site sidérurgique de Grande-Bretagne.

ENQUÊTES ANTIDUMPING

La Chine était également la cible de la colère des manifestants allemands, lundi, car le pays vend son acier sur les marchés mondiaux à des prix impossibles à suivre pour les producteurs européens.   Suite...