11 avril 2016 / 05:31 / il y a un an

LEAD 2-Japon-Kerry et les ministres du G7 au musée d'Hiroshima

(Actualisé avec nouvelles citations)

par Arshad Mohammed et Kiyoshi Takenaka

HIROSHIMA, Japon, 11 avril (Reuters) - John Kerry est devenu lundi le premier chef de la diplomatie américaine à se rendre au mémorial des victimes de la bombe atomique lancée par les Etats-Unis sur Hiroshima en 1945, ce qui pourrait être le prélude à une éventuelle visite du président Barack Obama le mois prochain.

Le secrétaire d'Etat participe depuis dimanche et pour deux jours à une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du G7 organisée dans la ville martyre. Leurs discussions portent notamment sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité maritime et des questions régionales autour de la Corée du Nord, de l'Ukraine et du Moyen-Orient.

Accompagné des autres ministres des Affaires étrangères du G7, John Kerry a notamment visité le musée du Mémorial de la paix de Hiroshima où l'on peut voir des photos des victimes brûlées, les vêtements qu'elles portaient et des statues montrant leurs blessures.

"C'est un spectacle stupéfiant, qui prend aux tripes", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Cela rappelle avec force que nous avons tous, en tant que personnages publics, l'obligation d'oeuvrer à l'avènement d'un monde sans armes nucléaires."

"Tout le monde devrait voir et sentir le pouvoir de ce mémorial. C'est un rappel fort, rude, incontestable, non seulement de notre obligation de mettre fin à la menace des armes nucléaires, mais de consacrer tous nos efforts à éviter la guerre elle-même", avait-il écrit un peu plus tôt dans le livre d'or du musée.

APRÈS KERRY, OBAMA ?

Interrogé par la suite sur une éventuelle visite de Barack Obama, par exemple en marge du sommet annuel du G7 qui se tiendra le mois prochain au Japon, le secrétaire d'Etat a répondu : "Quand je dis tout le monde, c'est tout le monde. J'espère donc qu'un jour le président des Etats-Unis pourra venir comme tout le monde. J'ignore s'il pourra le faire en tant que président."

Une visite d'Obama à Hiroshima pourrait susciter la controverse, dans la mesure où elle pourrait être assimilée à des excuses. Les Américains estiment encore en majorité que l'utilisation de la bombe A à Hiroshima et Nagasaki était justifiée.

Les sept ministres (Etats-Unis, France, Canada, Allemagne, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont ensuite déposé des couronnes à un cénotaphe dédié aux victimes de la bombe A qui a réduit la ville en cendres le 6 août 1945 et fait 140.000 morts.

Dans un communiqué commun, ils réaffirment leur engagement en faveur de la dénucléarisation, mais déplorent les "provocations" répétées de la Corée du Nord et la situation en Syrie comme en Ukraine.

Avant John Kerry, Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a visité le musée et le parc du mémorial en 2008, mais aucun président des Etats-Unis en exercice ne s'est rendu à Hiroshima ou à Nagasaki.

A l'initiative de Kerry, les ministres se sont rendus au dôme de Genbaku ou dôme de la bombe atomique, vestige de la seule structure encore debout près de l'hypocentre de l'explosion de la bombe, site désormais classé par l'Unesco.

Les Etats-Unis ont largué une autre bombe atomique sur Nagasaki le 9 août. Le Japon s'est rendu six jours plus tard, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale. (Aavec Linda Sieg; Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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