LEAD 1-L'Espagne va demander un an de plus pour réduire son déficit

dimanche 10 avril 2016 16h00
 

(Actualisé avec détails, contexte)

MADRID, 10 avril (Reuters) - Le gouvernement espagnol a l'intention de demander à la Commission européenne un délai supplémentaire d'un an pour atteindre ses objectifs en matière de réduction des déficits publics, a rapporté dimanche le quotidien El Pais.

Le déficit espagnol a représenté 5% du produit intérieur brut (PIB) en 2015, un chiffre nettement supérieur à celui de 4,2% convenu entre Madrid et l'UE, ce qui fait de l'Espagne l'un des plus mauvais élèves d'Europe en la matière.

Pour ramener le déficit 2016 à 2,8% du PIB, comme prévu initialement, le gouvernement devrait trouver environ 23 milliards d'euros par le biais de coupes dans les dépenses et de nouveaux prélèvements.

Le ministère de l'Economie s'est refusé à tout commentaire sur l'article d'El Pais, qui cite des sources gouvernementales selon lesquelles le ministre Luis de Guindos inclura de nouvelles prévisions économiques et budgétaires dans le programme de stabilité qu'il doit présenter au Parlement le 19 avril.

Des mesures d'austérité imposées pendant la crise ont incité les Espagnols à se détourner des partis traditionnels lors des élections législatives du 20 décembre, privant depuis le pays de majorité capable de former un gouvernement.

Le gouvernement intérimaire, dirigé par le conservateur Mariano Rajoy bien que son parti, le Parti populaire, ait perdu la majorité, va demander à Bruxelles d'assouplir ses exigences de déficit budgétaire à 3,7% du PIB lors de la présentation de son programme de stabilité, a précisé El Pais.

Madrid, qui doit envoyer ses prévisions à Bruxelles avant le mois de mai, table actuellement sur une croissance économique de 3% pour cette année, après 3,2% en 2015.

En contrepartie d'un délai supplémentaire, Madrid s'engagera à réaliser de nouvelles réductions des dépenses au niveau régional, ce qui reviendra à des économies situées entre cinq et sept milliards d'euros, soit de 0,5% à 0,7% du PIB, ajoute El Pais.

Dans la perspective de plus en plus probable de nouvelles élections en juin, le prochain gouvernement aura peu de temps pour réaliser les ajustements budgétaires nécessaires avant la fin de l'année. (Paul Day et Carlos Ruano; Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français)