Villeroy (BdF) prône un ministre des Finances de l'euro

samedi 9 avril 2016 15h58
 

PARIS, 9 avril (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France prône à son tour la nomination d'un ministre des Finances de la zone euro pour assurer une coordination des politiques économiques qui manque selon lui "terriblement" et doper ainsi la croissance.

Dans une interview publiée samedi par le quotidien italien La Repubblica, François Villeroy de Galhau épouse ainsi les thèses du vice-président de l'institution de Francfort, Benoît Coeuré, du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, ou de cercles fédéralistes comme l'Institut Delors.

"La politique monétaire ne peut pas tout. Il est urgent d'organiser une nouvelle gouvernance économique de la zone euro", déclare-t-il. "Ce qui manque terriblement est le deuxième pilier, une coordination majeure de la politique économique. Pour cette raison, je propose moi aussi la nomination d'un ministre des finances européen."

Ce membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne assure que cette proposition est "dans l'intérêt de tous" et que l'absence de gouvernance a coûté entre 2 et 5 points de PIB à la zone euro, et donc des millions d'emplois.

En outre, la zone euro présente un excédent extérieur proche de 4 % du PIB, ce qui "n'est pas une bonne nouvelle compte tenu du niveau actuel de la croissance", estime-t-il.

"Il s'agit d'une anomalie liée au fait même qu'il n'existe pas de ministre européen qui élabore une stratégie collective, pour trouver un meilleur équilibre de l'épargne vers l'investissement", dit le gouverneur de la Banque de France.

Prié de dire si la France est prête à cet abandon de souveraineté, il répond qu'il s'agit d'un "partage".

Pour lui, "chaque fois que les Français parlent de coordination européenne, les Allemands pensent que c'est une nouvelle excuse pour éviter de procéder aux réformes nationales nécessaires. Il faut reconstruire un pacte de confiance sur l'axe franco-allemand, qui sera donc fondé sur ces deux engagements".

Il exhorte ainsi la France à réformer son marché du travail parce qu'elle "ne peut rester un des seuls pays européens où le chômage ne diminue pas encore".   Suite...