Dudley (Fed) recommande la prudence en matière de hausse des taux

vendredi 8 avril 2016 19h24
 

BRIDGEPORT, Connecticut, 8 avril (Reuters) - La Réserve fédérale américaine doit adopter une approche prudente et progressive en matière de hausse des taux en raison des risques venant de l'extérieur qui menacent l'économie, en dépit de signes de vigueur de la croissance et de reprise de l'inflation, a dit vendredi un membre influent de la Fed.

Dans un discours qui pèse attentivement les forces et les faiblesses, le président de la Fed, William Dudley, a estimé que les risques étaient "légèrement" orientés à la baisse.

Ce proche allié de la présidente de la Fed, Janet Yellen, qui dispose d'un droit de vote permanent au comité de politique monétaire de la Fed, a dit qu'"une normalisation prudente et progressive de la politique monétaire est appropriée."

La prudence, a-t-il dit, est nécessaire "en raison de notre capacité limitée à abaisser le taux pour réagir à une évolution défavorable, en reconnaissant que nous pourrions aussi recourir aux politiques de communications avancées et d'augmentation du bilan (de la Fed pour injecter des liquidités) afin d'apporter une souplesse supplémentaire en cas de nécessité."

Les deux prochaines réunions de la Fed ont lieu les 26 et 27 avril, au cours de laquelle la probabilité d'une hausse de taux est jugée faible, et les 14 et 15 juin, au cours de laquelle les économistes des SVT attendent que la Fed agisse. Les traders sur les marchés à terme, traditionnellement plus sceptiques, n'attendent pas plus d'une hausse d'ici décembre, et doutent même de cela.

Après un premier trimestre décevant, avec une croissance susceptible d'être inférieure à 1%, le président de la Fed de New York dit s'attendre à une reprise de la croissance aux environ de 2% pour l'ensemble de l'année, avec un taux de chômage retombant vers les 4,75% par rapport à 5% actuellement.

Il a présenté une évaluation plutôt positive des perspectives de l'économie américaine, avec une amélioration de la consommation et de l'activité sur le marché du logement et une poursuite de la réduction de la réserve de main-d'oeuvre sur le marché de l'emploi, tout en ajoutant qu'il fallait faire davantage pour aider les chômeurs de longue durée dans le pays.

Tout en se disant rassuré de voir que le taux d'inflation de base est remonté à 1,7%, il ne s'attend pas à ce qu'il atteigne l'objectif de 2% fixé par la Fed pour cette année et estime qu'il y a toujours un risque que l'inflation se retourne et oblige la Fed adopter une politique monétaire plus accommodante. (Jonathan Spicer, Juliette Rouillon pour le service français)