Italie-La prochaine création d'un fonds a dopé les bancaires

vendredi 8 avril 2016 18h53
 

MILAN, 8 avril (Reuters) - Les valeurs bancaires italiennes se sont envolées vendredi, faisant gagner plus de 4% à la Bourse de Milan, à la faveur des anticipations de voir l'Etat mettre très vite sur pied un fonds de soutien au secteur, qui croule sous 360 milliards de dollars de créances douteuses.

Des sources proches du dossier ont dit jeudi après la clôture du marché actions que le gouvernement du président du Conseil Matteo Renzi devrait annoncer dès ce lundi la création de ce fonds, censé reprendre une partie des créances douteuses et aider les banques à renforcer leur base de capital.

Sur les 10 plus fortes hausses de l'indice phare de la Bourse de Milan, huit ont été des valeurs bancaires, le titre Banca Popolare dell'Emilia Romagna ayant mené le bal avec un gain de 14,31%.

L'indice regroupant les valeurs bancaires italiennes a bondi de 7,47%, ce qui ramène sa perte à 35,3% depuis le début de l'année.

En raison de la forte baisse de son secteur bancaire, la Bourse de Milan est en repli de 18,27% sur la période et accuse la plus mauvaise performance parmi les Bourses européennes par rapport au dernier cours de 2015.

Selon des sources, le gouvernement de Matteo Renzi a entrepris de créer un fonds soutenu par l'Etat, mais détenu en majorité par des investisseurs privés, qui serait susceptible de venir en aide aux établissements en difficulté en rachetant des créances douteuses et en comblant les pénuries de fonds propres. Le soutien de l'Etat passerait par une participation de la Caisse des dépôts italienne (CDP).

Selon un courtier, si le plan est confirmé, les valeurs bancaires italiennes pourraient regagner quelque 20%.

Une source a déclaré jeudi que le gouvernement était en contact avec la Commission européenne pour faire en sorte que le mécanisme respecte bien les règles communautaires.

D'après des informations de presse, le fonds serait doté de quelque trois milliards d'euros.

Jeudi, Federico Ghizzoni, administrateur délégué d'UniCredit , la première banque italienne, a déclaré que la banque investirait dans le fonds sous réserver qu'il soit configuré pour soutenir le secteur dans son ensemble et pas pour secourir quelques établissements. (Danilo Masoni et Stephen Jewkes, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Juliette Rouillon)