Les banques suisses appelées à combattre le blanchiment

jeudi 7 avril 2016 14h58
 

BERNE/GENEVE, 7 avril (Reuters) - Les banques suisses doivent s'attaquer au blanchiment d'argent, a déclaré jeudi leur autorité de tutelle, tandis que le parquet de Genève annonçait avoir ouvert une enquête sur les implications des "Panama papers", les révélations de la presse internationale sur le recours à des sociétés offshore via un cabinet juridique panaméen.

Ce dernier, Mossack Fonseca, spécialisé dans le montage de structures offshore passant souvent par des paradis fiscaux, dispose de bureaux à Zurich et à Genève et les documents publiés depuis dimanche montrent qu'il a travaillé ces dernières années pour de nombreuses banques dans le monde entier.

"Le risque de blanchiment d'argent en Suisse s'est accru et les banques devraient lutter encore plus fermement contre le blanchiment", a déclaré le directeur de la Finma, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, Mark Branson, lors de la conférence de presse annuelle de l'institution à Berne.

Dans un entretien à Reuters, il a ensuite précisé que "quelques éléments" issus des "Panama papers" pourraient concerner la Suisse. Mais il a ajouté que, proportionnellement à la taille de son secteur financier, la confédération n'était pas surreprésentée dans les documents publiés.

Des filiales des deux premières banques suisses, UBS et Credit Suisse, sont citées, dans certains des documents publiés ces derniers jours sur les "Panama papers", parmi les établissements qui ont demandé le plus de créations de sociétés offshore pour le compte de clients.

Les deux banques helvétiques ont nié toute infraction en lien avec ces pratiques.

De son côté, le procureur général genevois Olivier Jornot a dit avoir ouvert des procédures en lien avec les fuites sur Mossack Fonseca.

"Le ministère public est très attentif à ces révélations", a-t-il assuré selon des propos cités par la Tribune de Genève. Il s'est refusé à préciser la portée de l'enquête.

(Joshua Franklin et Stephanie Nebehay; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)