"Panama papers"-Sapin attentif à la période 2012-15 pour Socgen

mercredi 6 avril 2016 12h23
 

PARIS, 6 avril (Reuters) - Le ministre des Finances Michel Sapin a déclaré mercredi qu'il serait attentif aux agissements de la Société générale entre 2012 et 2015, après les révélations sur les liens de la banque avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans la création de sociétés offshore dans des paradis fiscaux.

"J'ai exigé de connaître l'état actuel total de la situation, l'évolution au cours de ces dernières années, de 2012 à 2015 et les raisons, les causes éventuelles de l'ouverture de nouveaux comptes offshore", a dit le ministre interrogé au micro d'Europe 1.

Les dirigeants de Socgen, qui réfute toute volonté de fraude de sa part ou de celle de ses clients à travers la création de ces sociétés, ont été convoqués mardi à Bercy.

"Ce qui m'importe (...) c'est qu'est-ce qui se passe au cours des dernières années, par exemple, est-ce que la Société générale - une filiale ou elle-même - a ouvert à l'extérieur des comptes offshore ou des sociétés écrans avec la volonté de dissimuler et en particulier de dissimuler de l'argent pour échapper au fisc", a expliqué Michel Sapin sur Europe 1.

Dans un entretien accordé au Monde, le ministre indique que le gendarme des banques, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) tirerait les conclusions de toute action répréhensible.

"Je serai particulièrement attentif à ce qui aura été décidé entre 2012 et 2015, date à laquelle la banque avait décidé de ne plus ouvrir de sociétés offshore. La Société générale avait clairement dit qu'elle allait mettre fin à un certain nombre de pratiques opaques", dit-il encore au journal du soir.

Le Monde a rapporté dans son édition datée de mercredi que les "Panama papers", des fichiers de Mossack Fonseca, font apparaître que le cabinet panaméen a créé près d'un millier de sociétés offshore dans des paradis fiscaux pour le compte de la Société générale.

Dans un communiqué diffusé mardi, la banque a dénoncé un "article au titre mensonger sans rapport avec son contenu" et l'exploitation par le journal de "données incohérentes générant des amalgames scandaleux".

"A ce jour, le nombre de structures actives créées par l'intermédiaire du cabinet Mossack Fonseca pour les clients est de l'ordre de quelques dizaines", assurait-elle, ajoutant que "ces sociétés sont gérées comme des structures totalement transparentes".

Les différentes révélations issues des "Panama papers", sont l'aboutissement d'une enquête menée pendant un an par 378 journalistes de 77 pays sur 11,5 millions de documents provenant du cabinet Mossack Fonseca. (Julien Ponthus et Myriam Rivet, édité par Jean-Michel Bélot)