Le smartphone, futur allié de Bollywood face au piratage?

mercredi 6 avril 2016 12h28
 

par Himank Sharma

BOMBAY, 6 avril (Reuters) - Les productions filmiques à l'eau de rose de Bollywood sont suivies par des millions de fans, sans que cela vienne pour autant alimenter les recettes de la première industrie cinématographique mondiale.

L'Inde dispose de 10.000 salles de cinéma environ, soit huit par million d'habitants contre 120 aux Etats-Unis et 30 en Chine, selon le distributeur numérique UFO Moviez.

Cette faible densité explique que pour la plupart des Indiens, le piratage est le seul moyen de voir des films, ce qui coûte à l'industrie 30% environ de recettes potentielles brutes perdues annuellement.

Sept Indiens sur 10 regardent au moins une vidéo en ligne tous les mois et on estime que dans les trois ans à venir près de 90% de l'ensemble des données d'internet seront consacrées en Inde à la vision en ligne de films et de programmes de télévision.

L'industrie cinématographique espère qu'un contenu correct et bon marché, peut-être 25 roupies (33 centimes d'euro) pour un film vu en "streaming" sur un téléphone mobile, à la faveur du déploiement prochain des réseaux 4G, découragera le piratage.

"Même si on arrive à avoir seulement une petite partie des gens qui payent avec leur combiné, on estime que c'est un marché qui peut devenir plus gros que celui du box office", dit Girish Johar, directeur des recettes d'Essel Vision Production, filiale de Zee Entertainment Enterprises, l'un des plus grands groupes de médias indien.

Le supplément de profit pour les studios de cinéma proviendra pour une large part des contenus en langue locale diffusés par des plateformes de streaming telles que Netflix , qui s'est lancé en Inde cette année et qui développe à marche forcée son catalogue en hindi.

Ses concurrents locaux, quoique soucieux de développer des partenariats avec les sociétés de vidéo en ligne, lancent leurs propres plate-formes et c'est une nouvelle source de revenus pour les sociétés de production qui retirent peu des salles des cinéma ou des ventes de DVD.   Suite...