Crowdfunding-BNP utilisera la "blockchain" pour gérer les titres

mardi 5 avril 2016 12h54
 

PARIS, 5 avril (Reuters) - BNP Paribas a annoncé mardi qu'elle utilisera la technologie de validation "blockchain", dont la monnaie virtuelle bitcoin est la déclinaison la plus connue, afin d'offrir un service de gestion et d'échange de titres d'entreprises achetées via les sites de financement participatif.

"C'est une plateforme que l'on met à disposition en marque blanche pour Smartangels (plateforme française de crowdfunding)" explique Philippe Ruault, responsable du développement produit du pôle Métiers titres de BNP Paribas.

Concrètement, BNP Paribas mettra en oeuvre un registre utilisant le protocole "blockchain" afin d'enregistrer automatiquement via des "e-certificats" les titres de capital émis via Smartangels.

Cette solution permettra aux entreprises émettrices d'avoir une vue complète de leur actionnariat et aux investisseurs d'avoir accès à un marché secondaire d'échange de gré à gré de titres encore très peu liquides, après leur acquisition sur le marché primaire des plateformes de crowdfunding.

BNP Paribas entend développer cette activité une fois lancé le projet durant la seconde moitié de 2016.

"Il y a des extensions possibles, soit à d'autres plateformes, soit à d'autres instruments", comme le financement des entreprises via des émissions de dettes, souligne Philippe Ruault, pour qui le modèle est applicable à nombre d'opérations financières ayant besoin d'être digitalisées.

L'initiative de BNP Paribas intervient alors que le gouvernement vient d'annoncer une série de mesures destinées à favoriser l'essor du financement participatif, parmi lesquelles le relèvement de 1 à 2,5 millions d'euros du plafond des sommes pouvant être collectées par les plateformes spécialisées.

La technologie "blockchain" suscite un intérêt croissant dans les services financiers et est actuellement testée par de nombreux opérateurs.

Quarante des plus grandes banques du monde, parmi lesquelles HSBC, Citigroup ou BNP Paribas ont récemment testé un nouveau système de transactions obligataires utilisant la "blockchain". (Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)