April 5, 2016 / 9:07 AM / a year ago

Thyssen rachète la part de Vale dans leur coentreprise au Brésil

4 MINUTES DE LECTURE

SAO PAULO/FRANCFORT, 5 avril (Reuters) - Vale a vendu sa part de 26,87% dans Companhia Siderurgica do Atlantico (CSA), une aciérie déficitaire au Brésil, au sidérurgiste allemand ThyssenKrupp pour un montant symbolique, ont dit mardi les deux entreprises confirmant une information rapportée vendredi par Reuters.

Cette cession permettra à Vale, premier producteur mondial de minerai de fer, la composante essentielle de l'acier, de se concentrer sur son coeur de métier.

ThyssenKrupp deviendra de son côté seul maître à bord de CSA, entreprise située dans l'Etat de Rio de Janeiro, et pourra donc tenter une nouvelle fois de la vendre, comme le groupe l'avait fait, en vain, en 2013.

"ThyssenKrupp réduit la complexité et les risques et élargit ses marges de manoeuvre pour le développement futur de CSA", précise l'entreprise allemande dans un communiqué.

Cette dernière n'a cessé de répéter que son but ultime était de se défaire de CSA. En 2013, la participation de Vale au capital de l'aciérie avait été la cause de l'échec de la cession.

En attendant, les investisseurs ne semblent guère apprécier la décision de ThyssenKrupp, puisque le titre du groupe perdait 5,15% à 18,07 euros vers 09h00 GMT à la Bourse de Francfort, accusant l'une des plus fortes baisses de l'indice européen Eurofirst 300.

Vendredi, l'action avait bondi de près de 5% à la suite d'informations de presse disant que Tata Steel, le sidérurgiste indien qui a mis en vente ses actifs britanniques, voulait prendre une participation au capital de ThyssenKrupp.

L'aciérie CSA, dont les capacités de production sont de cinq millions de tonnes par an, exporte des brames d'acier qui sont ensuite travaillées sur le site de ThyssenKrupp dans l'Alabama aux Etats-Unis.

En contre-partie de la cession de sa part pour une somme symbolique, Vale pourra se défaire des lourdes dettes liées à l'aciérie. Le groupe brésilien aura aussi droit, pour une période donnée indéterminée, à une part de produit de l'éventuelle vente de CSA par ThyssenKrupp.

Cette acierie, dont la construction a coûté 10 milliards de dollars (8,77 milliards d'euros), a été inaugurée en juin 2010 en présence du président brésilien de l'époque, Luiz Inacio Lula da Silva, dont le gouvernement avait insisté auprès de Vale pour qu'il accroisse sa participation dans cette coentreprise par rapport à ses 10% initiaux.

Depuis sa mise en service cette même année, CSA a été confrontée à une saturation du marché mondial des brames d'acier qui a pesé sur ses marges et réduit le taux d'utilisation de ses capacités.

Les coûts de production du site ont fortement augmenté en raison d'une inflation élevée, de cours de change volatils et de la récession profonde dans laquelle est plongée le Brésil. En outre, du fait d'une situation de surcapacités au niveau mondial, les prix de l'acier sont au plus bas.

CSA affichait 2,6 milliards d'euros de passif financier à la fin de son exercice fiscal 2015. (Tatiana Bautzer et Guillermo Parra-Bernal à Sao Paulo, Georgina Prodhan à Francfort, Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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