Italie-Renzi endosse la paternité de la loi fatale à sa ministre

dimanche 3 avril 2016 20h16
 

MILAN, 3 avril (Reuters) - Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a déclaré dimanche qu'il avait décidé en personne de l'adoption de la législation visant à faciliter l'exploitation d'un champ de pétrole qui a coûté cette semaine son poste à sa ministre de l'Industrie, soupçonnée de conflit d'intérêt.

Federica Guidi a démissionné jeudi soir après la diffusion par la police d'écoutes téléphoniques qui semblent attester du fait qu'elle a informé à son compagnon de l'adoption prochaine de ce texte favorable à ses investissements dans le secteur de l'énergie.

Les principaux partis d'opposition se sont emparés de l'affaire pour demander la démission d'une autre ministre, accusée de connivence avec Federica Guidi, voir de l'ensemble du gouvernement contre lequel ils ont promis de déposer une motion de censure.

Interrogé sur la télévision publique RAI, Matteo Renzi a déclaré qu'il avait lui-même proposé l'amendement au coeur du scandale, expliquant avoir voulu faciliter l'exploitation du champ pétrolifère de Tempa Rossa en rendant son gouvernement décisionnaire en matière de transport et de stockage, en lieu et place des exécutifs régionaux.

Exploité par Total dans la région de Basilicate, le champ de Tempa Rossa a été découvert en 1989 mais a depuis vu sa production bridée en raison d'un manque d'infrastructures pour transporter le pétrole jusqu'au port de Taranto, dans la région voisine des Pouilles.

Matteo Renzi a reconnu que la conversation entre Federica Guidi et son compagnon était inappropriée mais il a défendu l'initiative de son gouvernement en la matière.

"J'ai décidé de cet amendement, c'était mon choix", a déclaré le président du Conseil à la RAI. "Je le soutiens totalement... Le gouvernement a le pouvoir et, j'ajouterais, le devoir de débloquer les travaux publics."

Le chef du gouvernement s'est dit disposé à répondre aux questions des procureurs qui enquêtent sur un possible trafic d'influence.

"Nous transformons tellement ce pays que si les magistrats veulent me poser des questions sur ce que nous faisons, pas seulement sur Tempa Rossa, mais aussi sur tout le reste, je suis à leur disposition", a-t-il assuré.

(Tangi Salaün pour le service français) )