Athènes demande des explications au FMI après une fuite

dimanche 3 avril 2016 15h09
 

ATHENES, 3 avril (Reuters) - La Grèce a demandé dimanche au Fonds monétaire international (FMI) de s'expliquer après la divulgation par WikiLeaks d'une conversation suggérant que le FMI pourrait menacer de ne pas participer au troisième plan de sauvetage d'Athènes afin de contraindre les pays de la zone euro à accepter un allègement plus fort de la dette grecque.

Les créanciers de la Grèce (Union européenne, Banque centrale européenne, FMI) doivent reprendre lundi à Athènes l'examen des mesures prises en application du dernier plan de renflouement du pays, que la Grèce veut boucler rapidement pour pouvoir entamer des discussions sur un allègement de sa dette.

L'examen de ces réformes a été reporté à deux reprises depuis janvier en raison d'un désaccord entre les créanciers sur l'estimation chiffrée des comptes publics en 2018, sur la réforme des retraites et sur la gestion des créances douteuses.

Il y a dix jours, Athènes a accusé le FMI de retarder l'examen des mesures et de chercher à faire pression sur le pays, qui doit régler d'importantes échéances de dette en juin et a besoin de nouveaux financements pour régler des arriérés.

Le site WikiLeaks a posté sur internet ce qu'il présente comme la transcription d'une visioconférence remontant au 19 mars entre trois hauts responsables du FMI, Poul Thomsen (chef du département Europe du FMI), Delia Velculescu (chef de l'équipe de négociateurs du FMI en Grèce) et Iva Petrova, une autre responsable du Fonds.

Ces responsables ont débattu de la tactique à appliquer pour faire pression sur la Grèce, l'Allemagne et l'UE afin de parvenir à un accord au mois d'avril. Ils ont notamment estimé qu'en menaçant de ne pas participer au troisième plan de renflouement, le FMI pourrait contraindre les créanciers européens, et en particulier l'Allemagne, à obtenir un accord sur l'allègement de la dette avant le référendum du 23 juin sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE.

Les services du Premier ministre Alexis Tsipras ont dit que ce dernier avait adressé la nuit dernière une lettre à la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, pour "clarifier la position officielle du Fonds dans ces négociations", selon un responsable d'Athènes.

"Il a également exprimé son inquiétude quant à la crédibilité de ces négociations après les fuites."

Athènes estime que cette fuite illustre la volonté du FMI d'exercer un chantage sur la Grèce en brandissant le risque d'un défaut pour contraindre le gouvernement de centre gauche à céder sur des baisses des pensions de retraite qu'il rejette.   Suite...