Espagne-Le déficit a dérapé plus qu'attendu en 2015 à 5,2%

jeudi 31 mars 2016 13h11
 

MADRID, 31 mars (Reuters) - Le déficit public de l'Espagne a été l'an dernier supérieur aux prévisions de la Commission européenne comme à celles de la plupart des observateurs, en dépit d'un rebond de l'économie et des assurances données par le gouvernement actuel.

Le solde des finances publiques a été négatif de 56,6 milliards d'euros, soit 5,24% du produit intérieur brut (PIB), selon les calculs de Reuters sur la base des chiffres publiés jeudi par l'institut national de la statistique (INE). Le gouvernement devait publier ses propres chiffres dans la journée.

En excluant les fonds publics versés aux banques renflouées par l'Etat, le déficit public atteint encore 5,18% du PIB, alors que Madrid et la Commission européenne s'étaient mis d'accord sur un objectif de 4,2%. Bruxelles avait averti à plusieurs reprises ces derniers mois des risques de dérapage pour 2015 comme pour 2016.

Le gouvernement espagnol risque désormais d'avoir du mal à convaincre les autorités européennes qu'il peut maîtriser les comptes publiques, d'autant que les partis politiques n'ont toujours pas réussi à former une coalition gouvernementale viable, plus de trois mois après les élections législatives.

Plusieurs responsables gouvernementaux ont laissé entendre ces dernières semaines que les dépenses des régions autonomes et le trou plus important qu'attendu de la Sécurité sociale risquaient de se traduire par un dépassement marqué de l'objectif de déficit.

En février, Mariano Rajoy, qui continue de diriger le gouvernement même si le Parti populaire a perdu sa majorité lors du scrutin du 20 décembre, avait déclaré que le déficit 2015 serait de 4,5% du PIB, inférieur à la prévision la plus récente de la Commission, qui le donnait à 4,8%.

Pendant la campagne des législatives, son gouvernement avait multiplié les déclarations sur sa capacité à contenir le déficit non loin de son objectif de 4,2%.

Bruxelles estime d'ores et déjà que l'objectif 2016 de 2,8% de déficit ne sera pas atteint sans un ajustement supplémentaire du budget. (Carlos Ruano et Sarah White; Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)