LEAD 1-Evans (Fed) sceptique sur une hausse des taux dès avril

mercredi 30 mars 2016 20h56
 

(Actualisé avec déclarations sur l'inflation)

NEW YORK? 30 mars (Reuters) - Charles Evans, le président de la Réserve fédérale de Chicago, doute que les conditions soient réunies pour une hausse des taux en avril et estime que la banque centrale pourrait resserrer sa politique monétaire en juin, pour autant que la situation du marché de l'emploi continue de s'améliorer.

"Avoir la conviction que l'inflation va évoluer de manière régulière vers notre objectif de 2% (...) c'est une condition bien difficile à remplir", a dit mercredi Charles Evans, que l'on range habituellement dans le camp des "colombes" de la Fed, à la chaîne de télévision CNBC.

"Si l'on se décidait à agir en juin, ce serait sans doute parce que le marché du travail se serait encore amélioré", avec une baisse du chômage et une hausse du taux de participation, a-t-il ajouté.

Une telle évolution "serait une bonne raison pour continuer d'ajuster, progressivement, les taux. Je ne crois tout simplement pas que nous devions devancer l'appel", au vu d'une inflation basse en Europe et ailleurs, a poursuivi Charles Evans, répétant qu'il escomptait deux hausses des taux cette année.

Mardi, la présidente de la banque centrale américaine, Janet Yellen, a jugé approprié de procéder "prudemment" en matière de resserrement de la politique monétaire. Ses propos ont favorisé Wall Street et fait baisser le dollar, les observateurs en déduisant que la probabilité d'un relèvement des taux en avril était désormais faible.

Au sujet de l'évolution des prix, Charles Evans juge que la Fed saura certainement mieux d'ici la fin de l'été si le récent redressement de l'inflation aux Etats-Unis est un phénomène durable ou seulement provisoire lié à des effets saisonniers.

"Si nous constatons que les chiffres mensuels continuent d'être plus solides et qu'ils commencent à s'accumuler, je pense qu'il faudra le prendre au sérieux. Si c'est une histoire de saisonnalité résiduelle, nous devrions la voir faiblir à un moment ou un autre", a-t-il dit.

"On peut penser que vers la fin de l'été, nous disposerons d'un peu plus d'informations à ce sujet", a-t-il ajouté. (Jonathan Spicer, Wilfrid Exbrayat et Bertrand Boucey pour le service français)