France-Le mari de Lauvergeon en examen dans le dossier Uramin

mercredi 30 mars 2016 11h50
 

PARIS, 30 mars (Reuters) - Olivier Fric, époux de l'ancienne présidente d'Areva, a été mis en examen pour délit d'initié et blanchiment dans le cadre de l'enquête sur les conditions du rachat de la société minière canadienne Uramin, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Le mari d'Anne Lauvergeon est soupçonné d'avoir réalisé une plus-value grâce à des informations dont il aurait bénéficié au sujet de cette opération, remontant à 2007, qui a tourné au fiasco financier pour Areva.

L'acquisition en question fait l'objet d'une enquête au parquet national financier (PNF) depuis février 2014 après le signalement par la Cour des comptes d'éventuelles irrégularités.

Un premier volet du dossier - celui pour lequel Olivier Fric est inquiété - porte sur des chefs d'escroquerie, d'abus de bien social, de corruption d'agent public étranger et de délit d'initié.

Le second volet concerne les chefs de présentation de comptes inexacts, diffusion d'informations fausses ou trompeuses, abus de pouvoir, faux et usage de faux.

Dans une interview au Parisien de mercredi, Anne Lauvergeon se défend d'avoir partagé des informations confidentielles avec son époux.

"Les règles de confidentialité chez Areva étaient très strictes. Les liens du mariage ne prévoient pas qu'on partage les secrets qui ne vous appartiennent pas", dit l'ancienne dirigeante.

"C'est l'ex-associé de mon mari, un ancien trader, qui gérait les fonds de leur entreprise et décidait des placements. Il a fait un grand nombre d'investissements, dans le secteur minier notamment", ajoute-t-elle.

Dans ce même entretien, Anne Lauvergeon justifie à nouveau le rachat d'Uramin par le fait que, selon elle, Areva "avait besoin de garantir l'approvisionnement en uranium de ses clients électriciens".

L'acquisition d'Uramin en 2007 pour 2,5 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) a contraint Areva à inscrire dans ses comptes en 2010 et 2011 des provisions d'un montant total proche de 1,9 milliard d'euros pour tenir compte de la dévalorisation des actifs de la société, consécutive à une baisse des cours de l'uranium et de ses réserves estimées. (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)