BOURSE-La banque portugaise BPI chute, doutes sur son avenir

mardi 29 mars 2016 11h19
 

LISBONNE, 29 mars (Reuters) - La rupture des discussions sur le rachat par Caixabank de la participation d'Isabel dos Santos dans la banque portugaise BPI fait chuter mardi le titre de cette dernière à la Bourse de Lisbonne.

L'action BPI cède 6,74% à 1,2040 euro vers 09h20 GMT.

Par ricochet, le titre Millennium abandonne 8,41% à 0,0392 euro. Certains investisseurs avaient parié qu'Isabel dos Santos investirait dans cette autre banque portugaise après avoir cédé sa participation dans BPI.

La banque espagnole Caixabank, premier actionnaire de BPI, a annoncé vendredi l'échec de ses discussions avec Isabel dos Santos sur le rachat de la participation de 18,6% que cette dernière détient via sa holding, Santoro Finance.

Santoro a néanmoins exprimé son espoir d'une reprise des négociations, qui durent déjà depuis des mois.

"Il est difficile de comprendre ce qui s'est passé alors que les parties étaient parvenues à un accord sur les termes essentiels de l'opération, précisément les termes financiers", a réagi Mario Leite Silva, directeur général de Santoro.

"Malgré tout, nous croyons que le bon sens va prévaloir et que le dialogue reprendra immédiatement."

Avant la rupture des discussions, des sources avaient déclaré que les deux parties s'efforçaient de s'entendre sur les détails d'une transaction complexe impliquant diverses entités et qu'elles n'étaient toujours pas parvenues à un accord sur les modalités de paiement ou les options futures.

Il y a pourtant urgence pour BPI à se débarrasser de ses actifs angolais risqués, ce qu'aurait permis un accord entre Caixabank et Isabel dos Santos, fille du président angolais et femme la plus riche d'Afrique, selon le magazine Forbes.

Le 10 avril, les autorités européennes imposeront aux banques de provisionner complètement les actifs qu'elles détiennent en Angola, ce qui pourrait se traduire par des coûts élevés pour BPI.

Aux termes de l'accord envisagé, Caixabank aurait racheté à Isabel dos Santos sa participation dans BPI tandis qu'Unitel, l'opérateur télécoms angolais que la femme d'affaires contrôle partiellement, aurait repris à BPI sa participation majoritaire dans sa filiale angolaise BFA. (Daniel Alvarenga et Sergio Goncalves; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)