Popolare et BPM assurent vouloir créer "une banque solide"

jeudi 24 mars 2016 12h59
 

par Silvia Aloisi et Valentina Za

MILAN, 24 mars (Reuters) - Banco Popolare et Banca Popolare di Milano (BPM) ont détaillé jeudi leur projet de fusion, qui doit créer la troisième banque d'Italie, particulièrement bien implantée dans les régions riches du nord du pays.

Cette opération attendue depuis des mois et annoncée mercredi soir, prévoit en préalable une augmentation de capital d'un milliard d'euros pour Banco Popolare, une exigence de la Banque centrale européenne (BCE), autorité de tutelle du secteur dans la zone euro et qui dispose à ce titre d'un droit de veto sur le projet.

Le mariage Popolare-BPM pourrait marquer le coup d'envoi d'un vaste mouvement de consolidation du secteur bancaire italien, bien plus fragmenté que ceux des pays voisins.

Une multiplication des rapprochements entre banques petites ou moyennes contribuerait à renforcer la rentabilité et la solvabilité des principaux acteurs du marché au moment où les taux d'intérêt négatifs pèsent sur les marges et où les banques italiennes doivent supporter quelque 360 milliards d'euros de créances douteuses.

"C'était une négociation compliquée, rendue plus difficile encore par des obstacles que nous n'avions pas prévus", a déclaré, en référence aux conditions posées par la BCE, l'administrateur délégué de BPM, Giuseppe Castagna, qui devrait assumer les mêmes fonctions à la tête du nouvel ensemble.

"Le résultat est vraiment le meilleur auquel nous pouvions aboutir. Une banque solide est née, et je sais que c'était la principale préoccupation de tous les analystes et investisseurs."

Certains analystes jugent toutefois que des cessions d'actifs pourraient s'avérer nécessaires afin de renforcer encore les fonds propres lors de la mise en oeuvre du plan élaboré par les deux banques et qui prévoit d'augmenter globalement leurs provisions pour créances douteuses, une autre condition posée par la BCE.

A elles deux, Popolare et BPM affichent 27 milliards d'euros de créances douteuses brutes mais prévoient de ramener ce montant à 17 milliards d'ici 2019.   Suite...